Les héros sont le fruit de l’alliance entre une déité et un(e) mortel(le).

Avril 1972, l’impératrice tombe trois fois. En s’essuyant le visage, une première impression, mystérieuse et indélébile, se grave sur son mouchoir de dentelle frêle. Octobre 1974, un fragment de verre se détache d’une cathédrale byzantine et ses reflets triangulaires s’inscrivent dans le coeur d’un nouveau-né.

Mai 1976, un dragon danseur s’extirpe des flammes et crache par les narines un souffle brûlant. La Sainte Trinité se construit. Septembre 1981, étouffé par un silence blanc, la mécanique en parfait état, un cri se perd et s’enfuie hors de l’eau. Juillet 1984, une flotte de bateaux voilés s’ancre au port, femmes et enfants sont admis à bord. Mai 1986. La mort emporte le pécheur silencieux et laisse un épais tracé carbone à même l’âme dépliée des survivants, rehaussant les textures rugueuses et profondes construites à coups de lourds gourdins et d’enfermement noir dans un cycle de pensées cul-de-sac. Pauvres mortels, s’écrieront les dieux, nous venons de perdre l’un des nôtres. Juin 1986, l’empire s’écroule, les tribus sont décimées, l’errance remplace le confort. Août 1987, Saint-François-d’Assise se convertit au catholicisme, jamais il n’aimera les dragons, trop proche de son passé; ni les impératrices, trop hautaines. Janvier 1988, après ce pénible pèlerinage qui conduisit à un changement de pape, la révolte couvant sous les cendres fumantes, l’archevêque décide tout de même de donner un nouveau palais au royaume et d’y implanter son culte. La paix, nous voulons la sainte paix, crieront les confrères de la Trinité. Avril 1988. Contre toute attente, un retour de karma unit à jamais le destin de deux familles.

Les héros sont le germe d’une déité et d’un mortel. Ils ne trouveront le repos que dans la mort. Ne trouveront la gloire que par l’Histoire. Je suis une déité mortelle. J’emporte avec moi l’ingratitude du doute et j’efface la culpabilité de mes actions.

Celles dont je vous raconterai les histoires prochainement.

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