Au silence
du jour
Cède l’amour

*

Colori d’odeurs rance, tu me déranges.

*

Si par les sentiers, fréquentation d’inconnu, direction détournée, le soleil se perd ; reste un axe mouvant qui enlise les choix et le moi.

*

Hors du doute, cœur au centre, trouver le courage
de tenter l’honorable sortie

*

Cataclysme catapulte horaire variable obligations détournées santé impactée.
Le désir, comme un chien fidèle, pend la langue devant la promesse encore muette d’un intérêt à taux variable. Site d’enfouissement, le foie… Colère ou peine, le poumon s’étouffe en même temps que la voix.
Bulles de lumières, cataplasme temporaire, je me lie par le chant!

Classé dans : Textes, poésie | admin | 19 octobre 2008 Commentaires (0)

S’il n’y avait que ça, tout pourrait être plus simple. Mais non, il faut toujours qu’une chose soit accompagnée de son contraire, et aussi d’une suite de petits à côté qui sont des conséquences moins graves, mais quand même présentes. Si c’était à vous que c’était arrivé, j’en rirais évidemment de bon cœur avec ma maladresse légendaire.Vous me toiseriez avec votre air frustré mais, ne sachant comment faire autrement, vous éclateriez aussi d’un rire sincère. Pourtant, ici, maintenant, personne ne rit. Au contraire, ça grince et fait grincer. Allez savoir vous quel pan de la personnalité réagit quand il s’agit de soi : l’orgueil, l’estime, la peur? Le regard sur la chose se rétrécit et l’aveuglement nous prend.

S’il n’y avait que ça, je pourrais lorgner l’ailleurs. Et dans cet ailleurs je vivrais la beauté des nuages à fleurs de l’eau se mouvant sur des reflets de sapins alités. Comment donc une si petite banalité réussit-elle à contraindre la liberté et l’expression, je vous le demande. Et puis il y a aussi, j’en conviens, vous qui me suivez de loin, tentant de deviner ce dont il s’agit. Ça m’agace. Sincèrement, votre curiosité m’enferme aussi dans le silence. Je résiste à glisser l’indice qui saurait vous faire découvrir l’improbable. Ma confiance ne se gagne pas aussi facilement. Si vous me laissiez parfois des preuves de votre intérêt sincère, je vous estimerais et peut-être partagerais. Dans le cas présent, « nunca ».

Et puis si rien de tout ça ne s’était produit, je serais plus sympathique et je vous chanterais encore des ritournelles envoûtantes. Parce que oui, malgré les imprécations présentes, mon cœur est à l’amour… 

Classé dans : Textes | admin | 3 octobre 2008 Commentaires (0)

C’était un moment étouffé dans un cadre doux. Il pleuvait des feuilles d’automne sur nos corps et nous remontions le cours du temps à la recherche de point commun, de point d’ancrage. Nos doigts frileux hésitaient à se rencontrer. Ils caressaient plutôt la rythmique de notre discussion. Encore et toujours passionné, les inconnus que nous étions proposaient des pistes faciles à suivre. Les coïncidences nombreuses nous faisaient frissonner de plaisir. Nous savions que la rencontre serait un voyage généreux. Si le désir montant restait coi, il en incombait la faute à notre enthousiasme commun. Trop de plaisir dans la découverte. Trop de facilité à se comprendre, à s’aimer dans la séduction.

[…]

L’esprit de la forêt nous entourant décuplait l’esprit de liberté qui nous animait. Ainsi, lorsque saoul de partage le vent fou se mit à courir dans notre être, il fût tout à fait normal de se rapprocher. Un regard, une bouche, un corps entier offert en gage de complicité. Sur un tapis de mousse moelleux dans la fraîcheur de septembre, nos halètements et nos rires s’offrirent des bouchées de tendresse tandis que nos corps pétillants se reconnaissaient d’un amour sauvage. Nous nous perdîmes dans l’infini et la plénitude. Se relevant joyeux et remplit, nous plongeâmes dans l’eau glaciale du lac avant de disparaître l’un de l’autre, chacun de notre côté.

Oui, c’était un moment étouffé dans un cadre doux qui n’explosa jamais hors de ce cadre unique.

Classé dans : Textes | admin | 19 septembre 2008 Commentaires (0)

C’était un moment unique, un déclic rapide et sincère, un flash comme je n’en avais pas eu depuis longtemps. Avec toi, je n’avais pas à demander le sourire, il venait de lui-même; comme si tu connaissais par défaut mes besoins intimes. Évidemment, le cadre n’était pas parfait. Dans la composition traînait des arrière-plans jamais très flous qui éclipsaient dangereusement le sujet que je me sentais en devoir d’observer de plus près. Des arrières-temps que tu embrasais encore les soirs où j’étais hors focus. Sous cet éclairage cru, j’arrivais à mieux lire les traits d’union qu’il me faudrait surmonter. (Lire la suite…)

Classé dans : Textes | admin | 8 septembre 2008 Commentaires (0)

Hiding
under a soft white skin
patiently waiting
for the tide of love
Shallow water, rock bottom

Go, jump off the cliff
and break a leg

***

I swallow the wind
Hoping to fly
Away from me

Classé dans : Textes | admin | 5 septembre 2008 Commentaires (0)

J’étais dans un état comme qui dirait vaseux. Mon foie trop plein engendrait une colère sourde qui grondait sous la surface. Évidemment, toi, tu ne me parlais pas, ignorant tout de mon état éclopé. Dans mon silence pesant, chaque regard cherchait à se poser sur un objet sensé me calmer: une branche frémissante, un nuage naissant, une ondée sur la rivière… Je cherchais là à remplacer l’image imprimé sur la soie de mon esprit qui n’arrêtait pas de m’obséder depuis quelques temps déjà. Une image de toi à la merci de mon amour. Une femme surprise et charmée, séduisante et entreprenante. Tellement que tous les voiles de mes idées battaient aux vent avec ton effigie s’y présentant. Tous en transparences relatives, ajoutant ou enlevant à la tension de l’imaginaire, sans jamais disparaître complètement.
Je t’ai vu clé de mon univers, pont plutôt. Pont entre le moi mineur et le soleil radieux. Diverses entreprises et jeux unissaient notre destin. Jeux de corps surtout. Ceux-là même que je n’arrive plus jamais à exprimer. Avec toi, cela collerait. Évidemment, ce ne pourrait être tout à fait normal. L’état d’extase est plus difficile à trouver lorsque certaines évolutions furent accomplies. La prêtresse de l’amour et le pape de la paix. Un couple orgasmique de lumière et de sang, vivant le don complet de soi, vidant les couplets superflus et chantant sans fin la gloire de l’union. Qu’il serait doux le parfum de ton sexe offert au travers les émanations de la nature sauvage. Qu’il serait bon le baiser des langues dans l’intensité de la pénétration. L’axe vertical du serpent rejoignant l’horizontalité de l’infini pour faire de nous des dieux ennoblis par l’extase. Dieux de feu solaire reprenant le contact avec une réalité tangible et sensible…
Oui, aujourd’hui je grogne de voir s’effacer ces lueurs d’espoir. Oui je vis la nausée de la colère percutante. Et, dans un ultime acte de dérision contre la puérile quête du vouloir, je brûle toutes traces du passé et je te laisse t’échapper.

(*

Classé dans : relation | admin | 3 septembre 2008 Commentaires (3)

L’essence même du plaisir s’entretient avec un certain détachement. Regarder tout autour et n’y voir que des étincelles brûlantes. Sentir sur soi un point de vue fuyant et s’y fier. Avoir peur de perdre. De toute façon, les routes se déterminent à chaque pas, n’est-ce pas? Étoiles filantes et sentier de terre battue. La nature hume frais. L’humeur fais bon bond. Le soleil brille. La peau cuit à petit feu sous l’ardeur de l’amour. Amour partagé entre milles. Toi et moi. Prendre le temps de se parler pour éveiller la faim. Fin du monde solitaire du temps où les espions étaient roi. Maintenant, pied de nez à la discrétion. Crier et jouir du moment. S’en défaire humblement lors de la visite au peuple. Reprendre le flambeau et de gourmandises abuser. Sucreries comme une drogue dure. Éclats doux au creux de la gorge. Attiser la chimie hormonale. Est-ce normal de t’aimer si simplement ? Que la joie radieuse s’offre à moi comme une pucelle timide qui ne souhaite que s’épanouir?
Avec ou sans consentement, prendre et posséder. Posséder un bout de ton ciel lumineux et s’en faire une écharpe. Trop parler de peu de choses. Peu de mots. Peu de besoins. Le plaisir se suffit à lui-même.

Classé dans : 1 | admin | 21 août 2008 Commentaires (1)

L’autre jour, je suis parti, je me suis oublié dans une valise. Longtemps. J’ai rencontré le noir et la solitude. J’ai vu des morceaux de chairs bien en os fondre de sur mon dos. Rien ne m’avais préparé à cette aventure.

Le soleil, quand à lui, luisait dans un coin, les bulles flottait dans un univers jaune et je riais comme un fou. Comme un fou à qui un raconte une histoire grivoise qu’il n’a jamais entendu. Je ne sais trop pourquoi le soleil tenait tant à percer le coeur de l’aventurier, mais il y réussissait parfaitement par l’application constante de son gracieux humour. De la mer s’entendait des mouettes, tout aussi rieuses. Les vagues venaient et partaient comme autant de rencontres essentielles desquelles, à chaque instant il fallait se détacher. Simplement. Le tressaillement pétillant de l’eau chatouillait le corps délicat de la terre qui grondait de plaisir. Tout dans cet univers semblait transporter une humeur joyeuse et contagieuse. Dès lors, ému, je me suis arrêté de rire et j’ai pleuré. La rencontre savoureuse m’adoucissait le corps et l’âme. Profondément. J’ai pleuré à en assombrir d’un nuage dense le paysage bucolique.

Par la suite, aidant, un dieu ventru creva la bulle noire qui éclata tel un feu d’artifice coloré. La magie, ce matin là, avait eu lieu et plus jamais je ne me suis oublié. Que ce soit dans une valise ou dans une forme pensée.

Classé dans : 1 | admin | 20 août 2008 Commentaires (0)

SDF

Comme un tortuesque éléphant, je traîne ma maison sur un dos courbé. Un sac de dix kilos avec mon travail, mon passeport, mes amis et une brosse à dents. Sans plus ni moins de toit je me promène et m’amène dans des maisons que je quitte au matin. Je m’explose dans diverses directions sans trop m’imposer et pourtant sans ce toi qui me fuis je suis de plus en plus en partance. Latence d’un départ maintes fois retardés. Si ce n’était que les messages incompris qui m’impatientaient…

Marcher. Avec un sac. Exercice fortifiant. En ville ou en campagne. Dépaysement assuré. Wild world. Being called for travelling. Des images d’un autre univers. Love making and walking. Double exploration. Exposition au passage. Celle des peintures créées entre temps, entre deux pas. Destination ultime : amour!

Quand je reviens sur terre, il reste un parfum de vérité, une force inspirante. Vivre sans raison dans un bagage léger entraîne au détachement. Comme si je pouvais vivre pris en charge par le monde extérieur sans me préoccuper des conséquences. Misère et pauvreté. Richesse et gaité. Tout dépend de quel point de vue. Ma mère croit au miracle; le père à la destitution. Vivre en pause de la société tout en restant mobile. Mobile pour ne pas mourir, de peine de vivre autrement. Vivre pour se mobiliser enfin. Vers un chemin pas du tout tracé. Les pieds dans un soulier argent. Les bas roulés sur les chevilles et le col ouvert sur le cœur. Marche ou rêve. Oh que oui, marche ou crève.

Classé dans : 1 | Tags :, | admin | 24 juillet 2008 Commentaires (0)

C’est ici que tout a commencé. Pas exactement le même lieu, mais dans le même décor : la chambre de ton cousin. Nous étions un couple officiel, moi chancelant et toi amoureuse. Je m’étais enfui de ma colocation pour aller goûter ton environnement. Malgré les trois semaines de fréquentation, jamais je n’avais eu la chance d’explorer ce lieu. Toute nouvelle immigrante, tu logeais chez ton cousin et sa copine qui t’avait offert le bureau comme lieu de vie. Pas vraiment intime, mais chaleureux.  Je fus séduit par tes habiles touches de décoration personnelle dans ce lieu commun. Des objets naturels, des plantes, et des abstractions touchantes.

Dans ce petit temple créé à ton image, tu dormais sur le futon du salon que chaque jour tu te devais de ranger malgré l’effort. Et c’est sur ce même futon que tout a commencé. Ce tapis de mousse duveteuse sur lequel tu m’avais invité à dormir ce soir là. Une nuit simple : câline, mais silencieuse.   Au matin, je me sentais bien. Bien comme jamais auparavant depuis que je vivais dans la maison de l’Est. Et c’est vraiment là que tout a commencé.

Tu connaissais mes doutes. Tu avais eu droit quelques jours précédents l’invitation, à une crise d’angoisse démesurée concernant notre relation. J’y étais collé comme à un pot de miel, impossible de la quitter. Et si je voulais partir, c’est qu’un jour tu découvrirais le double fond de ma valise et cela t’effraierait. Tu ne pourrais supporter ma triste vérité et encore moins ma triste mine. Je ne m’aimais pas et n’avais pas envie d’être bouleversé. Mais toi, tu as ouvert les bras et le cœur plus grand encore. Surpris et méfiant, avec larmes et convictions, je t’ai promis de briser toutes les barrières qui m’empêcheraient de te rejoindre. Je savais que le chemin à parcourir serait long, mais j’y croyais fermement. C’est donc quelques jours plus tard qu’au lit, un matin suivant une nuit simple que tout a basculé.

Je me sentais bien et calme. Rassuré et inspiré. C’est pourquoi je t’ai offert de prendre cette chambre avec toi lors de l’exode temporaire des résidents. Tout un été dans le Mile-End, dans un lieu pour nous deux, à se découvrir et se dépasser. Il ne fallut qu’un instant pour que tout soit réglé. Discussions, accords, déménagement. La valise changeait de scène après s’être reposée deux longues années. Elle allait rejoindre la tienne, dans le coin de ce décor partagé. Pour moi comme pour toi, c’était la première tentative de couple sous un même toit. Mes doutes ont perduré, mes peurs augmentées, mes rejets multipliés et mon cœur s’est racorni. Nous sommes pourtant restés liés, contre vents et marées, et avons choisir de continuer.

Il y près de trois ans que tout a commencé, que le flottement s’est installé et que nous nous y sommes habitués. Dans le couple comme dans la séparation, nous sommes restés attachés. Le jour tirant sur la nuit et la nuit fuyant le jour. Tour à tour amour et abandon, retour et hésitation. Un mouvement perpétuel nous enlisant dans l’habitude et l’insignifiant. Enragés de rester prisonniers de la force d’inertie, nous avons tenté diverses sorties. Toutes soldées par des échecs jusqu’à ce que la semaine dernière, ton sentiment s’épuise et se meurt enfin, tandis que moi, de l’autre côté du voile, je ressuscitais lentement à moi-même pour enfin t’offrir ce don précieux… Ton cœur affamé n’a pas perdu de temps à retrouver un appel de vitalité. Il s’est entiché d’une personnalité bien rayonnante, brûlante même. Dans le chaos de ma présence physique perpétuelle, il a su garder sa sérénité et son envie d’être savouré. Je le comprends plus que tout.

Comme c’est ici que tout a commencé, c’est aussi ici que tout se conclura, sur le même lit mais seul. Dans le décor musical de la chambre de ton cousin. Celle que je visite par dépit, pour laisser l’espace à ton être d’explorer et d’exploser d’extase et de nouveauté. La fin n’est évidemment qu’un début pour quelqu’un d’autre, ne serait-ce être seulement que toi. Un départ différent hors du lieu commun. Et si tout, finalement, ne faisait qu’un? Sinon pourquoi aurait-il fallu qu’il soit né le même jour que mon père décédé…

Lp (*
16 juillet 2007

Classé dans : 1 | Tags :, | admin | 17 juillet 2008 Commentaires (0)

Powered by WordPress | Design by Roy Tanck