Et si c'était vrai?

Il a la démarche d’un Clint Eastwood, arbore un sourire argenté et n’a peur de rien. Sous sa casquette rouge du Garage Levasseur, ses longs cheveux blonds tombent en plaque. Malgré ses jeunes trente ans, des rides profondes strient son front ruisselant, toujours plissé comme au jour de soleil trop vif. De chaque côté de son nez hautain, deux yeux sautillants entraînent sans peine une peau rugueuse et mollasse dans leurs mouvements vifs. Sa grande agilité à parler vite compense pour son verbe boiteux et salace de poseur de pots d’échappement.

Encore aujourd’hui, il porte un blue-jean immense sur son cul rachitique. Comme c’est son jour de congé, il ose la chemise rose délavé, ouverte sur un pendentif que son ex lui a donné; une dent de requin. Sobre en tout, seuls ses runnings dernier cri d’un rouge criant témoignent de sa tendance excentrique en matière de mode masculine. Si ce n’était de son salaire crève-coeur, il se trainerait plus souvent les pieds dans les boutiques branchées et s’octroierait des cuites incroyables à coup de Caleta d’Argentine et de fromages forts. Mais la vie n’est pas comme ça pour Louis-Pierre.

Amateur de femme-objet il arpente le marché aux puces avec l’indicible espoir de trouver une bonne affaire.


Souvenirs

Des marques de commerce qui ont laissé des traces …

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À tire d'aile

Je me suis toujours rongé les ongles. Le stress ? Une habitude fâcheuse? Le fait qu’ils dépassent et se cassent ?

Je ne saurais dire. Pourtant, il y a une période pendant laquelle la dépendance s’est relâchée. Maman m’avait promis un avion. J’ai gagné le pari en trois semaines seulement. De rongeur je suis devenu joueur.

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La chambre

Sur le mur de ma chambre, ma mère avait peint une scène pastorale naïve. Un couple d’enfants aux yeux énormes cueillant des fleurs blanches dans un pré. Tout près, un lapin frémissant, attendrissant. L’ambiance bleutée de mon souvenir me rappelle les heures partagées dans cette chambre avec ma soeur aînée.

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Pensées et ajouts

aPensée :

_Ma vie est un « Long dimanche de fiançailles« . Tout nimbé de jaune et d’espoir malgré les chaussettes et les gants troués.

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Fratricide premier

Un hiver froid dans un quartier tranquille. L’enfance se vit à l’extérieur, dans la nature légère, juste derrière la rue. Quelques kilomètres de boisé, une route pavée, mais fermée à la circulation qui se perd jusqu’à la vieille maison bleue. Des égouts à ciel ouvert. Tout le long de la route, une pente courte et abrupte qui descend à la rivière sinueuse. Notre meilleur terrain de jeu, de -20 à 35 degrés. Des jours entiers de glissade riante à terminer notre course sur la rivière gelée. Descentes fébriles, rapides, casse-cou, coursées.

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Portrait (de famille)

Les héros sont le fruit de l’alliance entre une déité et un(e) mortel(le).

Avril 1972, l’impératrice tombe trois fois. En s’essuyant le visage, une première impression, mystérieuse et indélébile, se grave sur son mouchoir de dentelle frêle. Octobre 1974, un fragment de verre se détache d’une cathédrale byzantine et ses reflets triangulaires s’inscrivent dans le coeur d’un nouveau-né.

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Intro Veinarde

L’ubiquiste ne change pas de peau, il en emprunte une nouvelle. Le héros ne cherche pas sa route, il y va. Les jeux, les joutes ou les échanges ne font de sens que dans l’incarnation totale. Pour le moment, de vagues souvenirs d’un monde parallèle s’inventent à mesure que l’ellipse se referme. Il n’y a pas de lézard sous les tropiques. Pas de mort dans la tequila BangBang. Pas de sang versé dans l’ignorance. Qu’un zeste rafraîchissant, comme le bois de rose dans un thé noir.

Et puis, comme les rubriques s’annoncent chaotiques, cramponnez-vous… Pariez sur les chevaux les aux nombres pairs et accepter l’hermétisme; j’attrape la gangrène neuronale comme d’autre la rage des poules ou de dents. Bon courage.