Oraison

Une évidence. Portée par le vent. Celui de mes déplacements récents sur des milliers de kilomètres à qui j’ai offert la légitimité de me décoiffer, un peu, juste assez. De me brasser les idées et de ralentir ma chute: ce déclin entamé depuis déjà trop longtemps. À force de me corrompre, de me juger, de me soustraire du jeu plus souvent qu’autrement; j’ai brisé petit à petit la coupe argentée gorgée de vie. J’ai grappillé des pierres et des rochers dont je me suis lesté les poches. Toujours plus lourd. M’assombrissant sans me salir dans un dédale creusé sous ma terre fertile. Me cachant du grand jour comme du grand esprit dont l’apparat et l’ampleur m’effrayaient. Un trou. Une tanière protectrice creusée à l’arraché avec peur et envie. Instable assurément. Lentement, comme toujours, j’ai ajouté des poutres pour tenir l’édifice, pour ne pas que tout s’écroule et que s’écrase sur le sol dur mon squelette décharné ou que le poids des jours m’étouffe. Acharné à en perdre l’entrain. À force de faiblesse, le doute s’installe. La maladie se fait un nid, grandit silencieusement et entame la fondation. L’âme ne sait plus. Se jeter aux orties ou s’élever encore? Éteindre la lumière ou se battre au soleil? Ce dilemme anormal donné seulement aux porteurs de conscience et de choix me porte à écouter l’écho de la caverne. Qui se répète. Se répercute. Se bute. Se console en solitaire entre les paupières closes de mes rêves endeuillés. Comme ce dragon maintes fois manifesté. Brillant de l’éclat solaire sur fond d’abysse nocturne.

Noir et or. Le jour mange la nuit ou la nuit habille le jour? Vide et plein. En mutation constante. De quoi perdre ses repères si les sens dorment. Malgré le voyage, les miens demeurent muets, sourds et aveugles. À trop vouloir donner une direction ou condenser l’indomptable, je me coupe du lien qui éclairerait mon chemin. Je tourne, je cours, j’avance, je piétine, j’attends, je m’élance pourtant. Sur la route se trouvent plusieurs croisements. Des ramifications infinies donnant toutes sur une issue différente. Mais à bien regarder, à vol d’oiseau, la trame qui se dessine à même les tracés entremêlés pointe toujours dans la même direction. Circulant adroitement les unes sans jamais croiser les autres, ces chemins uniques mènent assurément à une issue similaire, une suspension finale entre les pointillées.
Elle est là l’évidence portée par le vent dans le non-sens du déplacement, dans le temps et dans l’espace. Celle qui m’a catapulté sur le bord du précipice pour que j’entrevoie la faille avant de m’en éloigner. J’aimerais ne pas m’écrouler. Pas maintenant du moins. Et j’aurais besoin d’appuis, de mains porteuses, d’un périmètre circonscrit fait de cœurs et d’oublis.

En attendant la grande fin, je décide de ne plus être dissident de mon existence.


D'amours et de pertes

Il faut dire que j’étais né sur une planète différente . Je n’avais pas les oreilles pointues ni le teint vert, mais mon routage initial ne correspondait pas à la programmation classique en cours sur notre monde industriel. Pendant une longue période je ne faisais qu’exister, le regard flou à contempler au dehors de moi, nonchalant, inactif. Je regardais le monde et ses couleurs sans me laisser atteindre par les mille et un stimulus qui incitaient à l’action. Passif, mais émotif.

Déjà, très jeune, j’éprouvais une fascination pour le sentiment amoureux. Le barde philosophe cherchait principalement à comprendre, mais par-dessus tout à combler le vide affectif par une relation particulière. Du haut de mes six ans, j’inventais un futur avec des rapports familiaux où le noyau serait constitué d’un amour vital scellé par une multitude de marmots. Huit, que je rêvais. Dès lors, la concrétisation de cet objectif silencieux m’obséda. Avec le temps, j’en vins à oublier le désir d’enfants et la famille, mais au travers de modèles comme Don Quichotte et Don Juan je goûtais diverses forces de l’amour.

Dans l’adolescence, encore plus dans la tête que dans le corps, l’idéal romantique de Don Quichotte me guidait. Ce chevalier à la Triste Figure avait jeté son dévolu sur une paysanne qui ne le connaissait pas et il lui dédiait ses aventures. Son engagement envers sa flamme, sa rigueur sentimentale, son attachement à l’idée qu’il se faisait d’elle m’hypnotisait. Combien d’années ai-je pu perdre dans le lit de l’imaginaire à fantasmer sur ma Dulcinée, tapi dans l’ombre de mes expressions retenues. Fidèle comme pas un à cette image rêvée, troublé, cherchant à me faire voir et reconnaître par la belle qui vivait quant à elle dans son monde rose bonbon, avec M. Charmant. Sur une période de plus de dix ans, elles furent deux en tout, ces âmes douces, à recevoir mon attention chevaleresque. Ces objets de quêtes s’effacèrent difficilement et tristement. Le jour où j’exprimai à l’une mon amour secret le charme se rompit. Le voile se dissipa et la réalité apparue nue et cinglante. Mettre le rêve en lumière révéla l’absence d’amour puisqu’il ne restait que les poussières du temps passé et les échos effacés de leur présence. J’en ris et me laissai glisser hors de ce piège.

Ma nature émotionnelle se nourrissant de passions, je retournai rapidement à la conquête de l’amour. Je délaissai Don Quichotte et abordais Don Juan. J’étais maintenant séduit à toutes les sauces. À gauche, et à droite, et en haut, et en bas. Et rapidement. Et follement. Et gracieusement. Je me plaisais dans la séduction. Ce jeu fou qui soumet les joueurs à se partager de l’attention et à s’en nourrir. Un vide à remplir: un regard à trouver. Une douleur à atténuer: une baise pour l’aplanir. Chasseur circonstanciel je m’offrais le sexe transactionnel que je ne payais surtout pas en argent comptant. Intransigeant et soumis, je prenais sans compter tout ce qui m’était offert ou que j’avais fièrement conquis. Ma couleur vive et mon mystère aidèrent beaucoup. Je prenais et je donnais un peu de moi en échange. Très peu. Juste assez pour garder le lien ouvert en cas de nécessité . Fermé à une suite sentimentale, apeuré ou appauvri, je cherchais pourtant le coeur des choses, cette rencontre inédite et magique qui me transformerait de fond en comble.

S’il m’arrivait de me questionner sur la raison de mes échappées brutales, je pouvais y discerner un sentiment d’insuffisance. Je restais convaincu que n’étais pas assez aux yeux des autres et ce dans toutes les sphères de mon existence. Dans mon aspect physique de gringalet, dans mes rapports sexuels trop courts, dans ma difficulté à me fixer des buts ou entrevoir le moindre futur, dans ma précarité financière, dans mon état de santé chancelant, dans un manque de masculinité… Il y aurait toujours un prince ou un bum au coin de la rue qui se présenterait et détournerait l’attention que j’avais réussi à capter chez une amoureuse. Toujours. Je le savais pertinemment, j’étais bâti de cette façon. Je surfais d’une marée à l’autre quand la vague se présentait et je n’arrivais que rarement à me déposer si ce n’était qu’en y ajoutant une pincée de volonté pure, ce qui épuisait aussi toutes relations saines.

Ce jeu d’échappe et d’attrape en devint caractéristique de ma quête amoureuse qui perdura parce qu’encore je pressentais fortement cette cible au fond de mon coeur.

L’an 2016 et les étoiles d’août m’apprirent à m’ouvrir plus sincèrement devant l’autre ainsi qu’à concentrer mon regard sur mes forces intérieures. D’insuffisant je devins suffisant. Présomptueux même. Imbu comme le coq dans la basse-cour. Plusieurs poulettes ravissantes, aucun désir d’union. Juste la prétention d’être bien dans cette situation. Ne cherchant pas plus à séduire qu’à me lancer dans un duo unique, mais prenant au passage câlins et douceurs. M’ouvrant à cette forme d’amour que certains nomment poly. Poly amour, non pas poly game. Chez moi, pour l’instant, l’intimité unique ou plurale des corps reste exclue. Suffisant à souhait… Ce changement de perception m’amena face à un mur.

Une montagne s’éleva hier lors de mon passage à la plage municipale. Je regardais les familles fourmiller. Les enfants jouer, crier, courir. Les mères planifier et papoter. Les uns dans la vigueur de la jeunesse et les autres dans l’affaissement graduel des chairs. Le soleil tombait sur le lac et mon questionnement n’en fut que plus éclatant. Pourquoi cherchons-nous à nous accoupler ? À nous mettre en couple ? Je m’aperçus alors que je venais tout juste de mettre en doute les racines de ma quête, de réduire en miettes le dessein de toute une vie. Une perte de sens qui me confronte à présent. De cette perte j’espère tout de même trouver une justesse plus grande dans l’acte d’aimer. J’aurais la patience de découvrir.


Ce jour

Ce jour est comme tous les autres
Une contrainte à l'éveil
Un pas de plus vers l'avant
Quelques phobies passagères
Quelques rencontres étrangères

Ce jour traîne son fardeau
Entre deux soleils paresseux
S'étirant longuement
Dans une course molle
Jusqu'à ce qu'il s'épuise
Timidement

Ce jour s'incarne encore
En milliers de regards vides
En une mosaïque d'êtres solitaires
Qui cherche et cherche encore
À s'identifier ou à se retrouver

Ce jour se fait discret
Caché dans une profonde noirceur
Il se soustrait à notre perception
D'une façon ou d'une autre
Laissant naître l'imaginaire
D'où germent les rêves et les angoisses

Qui se veut maître alors
Lorsque le jour s'essouffle
Et qu'il cherche à se reconstruire
À partir de brides mémoires
Étranglé par les souvenirs et les projections ?

Est-ce un calque de réalité
Ou un masque d'illusion
Qui habite ce corps
Depuis ce nouveau jour
Ou tu imprimas ton regard
Sur cette âme coulante

À qui appartiennent ces yeux d'or ?
À toi, à elle ?
Qui transmet ? Qui reçoit ?
Ne serait-ce qu'un reflet
Le miroir sacré d'une rencontre
Qui perturbe l'axe des jours ?

La folie des hommes est de nier
L'insolence du jour
Lorsqu'il les prend à bras le corps
Et les entraîne contre leur gré
Dans ces espaces ambrés
Dont, de tout temps, ils ont rêvé.


- Lines -

There is a line
A thin and tense one
Some wants to reach it
Some wants to break it

Some wants to walk it
Balanced on the tight wire
Afraid of falling down
But still dancing at ease

Some are tied down with it
An overly restrictive leash
Keeping them to escape
Like a sad dog on rainy day

Some wants to shrink it
Trying to bring closer
Both endpoints
Shifting from line to a single dot

Some also built their own
Walled mindset
Unwavering, impregnable
Protective yet isolating

Dreams, goals, wounds, paths
All drew as lines
Really straight ones after all
Merging with each others
Or opposing their strength
Until loosening
By any means necessary
Might it be rupture, death, cut

Usury, relaxation, acceptance
Pick up the line
This final one
Swallow it down
Loud thunderbolt from the sky
Wake up call
Confirming the end
Until new crops could grow
On unravelled figure


Stars

A rock that floats : a star

Dead dark matter
Reflecting light
Of any other beings

2 arrows of destiny
Pointing south
Where the sun rise the most
Slowly burning you down

Leaving only ashes
Those tiny particles
That floats

Until they become another rock
in the infinite sky


Enter one

Enter one, just one.
Everyday searching for common ground,
outside, beside, and in any other corners too.
Enter one, look for more
Always been that way
Rolling thunder in a river flow
Floating over the rock
Defiyng gravity
Rushing out of the stream

Hiding, dreaming, tempting

Enter one, again
Until dawn
In a myst of uncertainty
In a bliss of peach body flowers
Where poetry can survive
The dry thirsty soil

Proving me wrong
Enter one, one last outright drop
one overlasting soaring
one more delight
one heartbeat
one love
An open one

For you

(*


Rappel

I am not. Je ne suis pas. Négation, non dit, non sens, normes. Je ne suis pas à pas un pied qui s’emmêle les semelles, ni un bras qui se secoue les bretelles. La sève sèche sans ce soleil. Le sang encercle et s’accumule en certitude cancérigène. Une végétation étouffante rabroue le sentier. Sauvez-nous d’ici. Entre l’espoir et l’extase. Retroussez-nous les instruments que nous nous éduquions adéquatement. Rabattez-moi les oreilles encore jusqu’à l’explosion. Alors vous verrez ces envies de m’ébattre contre le consensus s’exprimer, se comprimer, se venger aussi. La vulgarité. Singularité. Déficience du système qui défie tout entendement. M’écouterais-je encore jusqu’à demain ? Me définirais-je par comparaison ? Me suggèrerais-je de m’entendre dans mes murmures étouffés ?

I am not. Je ne suis pas. Je ne nous poursuis pas. Pas à pas. Sans ceinture ni clôture. Sans droiture, sans fractures ou fragments. Je ne nous ment pas non plus. Plusieurs heures se sont envolées et tu sais que je sais, maintenant. En m’arrimant à ce message qui me demande de mettre les gaz tandis que le vide s’installe inexorablement, confortablement, je m’observe et m’obsède de mes bouleversements. À moi! Crie-t-on. À nous! Prie-t-on.

Reprenons. I am not... Je ne suis pas. Pas encore, pas totalement, mais imperceptiblement en état de réanimation.


En avant ...

Long et lent. Par delà l'élan aller de l'avant. Sauter dedans. Se sauver à temps. Prendre une tangente. Aveuglément. Volontairement. Avantageusement. Entrer dans le rang.  Se casser les dents. S'encrasser, forcément, en attente du tournant, les pieds ancrés dans le ciment. Vivre latent. Dormant. Somnolent. Desséché sous soleil de l'empire du levant. Et là encore... réagir à bout portant, quelques moments en mouvement, suivant la mouvance des vents turbulents.

Questionnement. Déracinement.

Et suivant l'éclatement l'informe se confine. Se condense. Se concentre. Entre aise et divergence. Poursuivant un étrange balancement où l'équilibre fait semblant. Où la distance varie infiniment, sans trouver de constance. Les éléments contrariant tout le temps les battements réglant le rythme. Une déveine pour les amants que ces pulsions asynchrones. Un accident familier, répété, présent.  Sentiments blancs sur fond de silence. Envahissant. Tournant sans cesse en soi et en pensées. Émoussant la passion, engourdissant le présent, ce fragile espace.
Non-lieu. Non-être. Néant.

Par la suite, partir en vrille. Perdre patience. Emportement. Savoir pertinemment se comporter mais tout déformer.  L'écoute comme une bouteille vide sur l'océan tempête. Fragile coque tremblante proche de l'éclatement. Des poches de colère. Des œillères de crabe carnassier s'ignorant totalement. Sombrer profondément. Et souffrir aussi. De se désister. Ou de résister. Envier l'avenir. Celui des promesses de proximité implantées dans le subconscient, celui des rêves d'enfants. S'en faire de devoir s'oublier pour avancer. Prendre les devants, pour une fois, et s'échapper calmement !

(*


Trompeur

J’arrivais de Mexico où j’avais participé à la fête des Morts. Pendant plusieurs jours, nous avions chaussé masques de feu et couronne d’éther sans direction commune, errant de par la ville comme des chiens fous. C’est dans cet état, tout juste de retour, que la police provinciale m’interpella. Il leur semblait louche qu’un blanc-bec osseux se traînasse avec une valise noire. Pour m’assurer d’une douce continuité de voyage, j’acquiesçai à leur demande d’ouvrir mon attaché-case. Qu’avais-je à cacher qui ne saurait leur plaire ? J’ouvris ainsi le couvercle et il me stupéfia qu’ils ne vissent point l’abribus et le gaucher. Ils trouvèrent surtout, bien rangés, une panoplie de revues érotiques d’époques, quelques sous-vêtements poussiéreux, et un couteau suisse presque neuf d’où suintaient de petites gouttes rouges. La peur leur pris et sans ménagement ils me commandèrent de lever les bras tout en me menaçant de leur arme de service. Quelle hypocrisie que leur réaction; ils ne surent répondre à la réalité que par une habitude bien huilée. Pendant que j’estimais la fuite improbable, le gaucher héla un taxi qui passait par là. Toujours en joue, je lui demandai de se taire. Me croyant parler seul, la patrouille me prit pour fou dangereux et me plaqua au sol. Heureusement pour moi, je m’accrochai un pied dans la valise ouverte et y tombai. Quelle vaine surprenante qu’au même moment, un autobus s’arrêta devant l’abribus et me permit d’y entrer. Après mon errance au Mexique, peu m’importait la destination vu le danger qui me menaçait au-dehors. Les deux agents stupéfaits de ma disparition se questionnèrent quelques instants, prirent la valise qu’ils défoncèrent, enragés. Confus et sans réponse, ils lancèrent les restes de leur méfait dans le bas fossé et repartirent en se jurant de ne parler à personne de cet incident. Quant à moi, je m’arrêtai quelques stations plus loin avant de m’engouffrer dans le métro le plus proche.

Si parfois l’improbabilité se présente à vous, tâchez d’y croire. Elle cache certainement une vérité trop énorme pour être reconnue.


Mosaïque

Au commencement était la cueillette. Une pêche sans choix précis. Un rassemblement d'objets semblable qui plaisent de par leur composition, leur forme, leur saveur unique. Par un tour de force créatif, ces éléments se doivent de s'unir avec cohérence dans un ensemble donné. La logique voudrait un ordre, l'émotion une toute autre expression. Et en dehors de soi, un lieu à nourrir de son œuvre oriente aussi la mise en place. Sans choix, sans discernement, dans la confusion, il ne peut y avoir d'assemblage réussi.

Il en est ainsi de toutes les facettes de mes métiers. De toutes les parties de ma vie aussi. Mosaïques finement construites qui s'évaporent aussitôt offertes... mais s'incarnent d'une vie propre.


Hésitation

À pas perdus, émiettés, un silence après l'autre, à rassembler son courage avant de clore une floraison, à danser des contre-pointes sur des doutes effilés, à trancher des fils du temps et des communions entamés.

Sur une franche coudée, au coin, se tourner à cent quatre-vingts puis faire le trajet inverse, revenir tâter les frontières, se retrancher avant de les franchir. Sursaut d'un système autrement plus nerveux qu'assuré. Dernière pierre jetée; au dernier moment aussi. Un mot claire-fontaine rafraîchissant plié en quatre dans un sac étanche prêt à exploser, d'une transparence affirmée, d'une simplicité désarmante. Au bout de la feuille, une trace d'émotion convertie sous forme de x. Dédoublée, évidemment. Et entre parenthèse, le chant d'un rossignol. Quelques notes précieuses s'échappant du papier et créant une ritournelle hypnotique. Des mots suggestions résonnant au fond de la brume. Un air fluide se détendant jusqu'à remplir de joie des poumons calfeutrés. Se laisser inspirer. Couler avec la musique jusqu'au chant du cygne.

À pas perdus, hésitant, tendre l'autre joue et espérer la lumière.


Fragment

Sommet trompeur, neige éternelle
une montagne déracinée - et tronquée
sommeille
suspendue entre deux vents

Les jours d’alcool brut
pendent des lambeaux de rage
sous sa langue estropiée

Des perles isolées resplendissent d’amour frais
Des ponts brisés joignent les pôles disloqués
Sa douleur coule, épaisse comme le sang

Sommet trompeur, neige éternelle
une montagne déracinée - et tronquée
sommeille
suspendue entre deux vents

*