Douloureuses intrigues

Douloureuses intrigues

[vc_row][vc_column column_width_use_pixel= »yes » overlay_alpha= »50″ gutter_size= »3″ medium_width= »0″ mobile_width= »0″ shift_x= »0″ shift_y= »0″ z_index= »0″ width= »1/1″ column_width_pixel= »900″][vc_column_text]C’était un de ces matins crasses qui me laissait la sensation terrible d’avoir passé la nuit dans une trappe à souris. Toutes mes articulations étaient raides, mes yeux rougis sortaient de leur orbite et ma carcasse molle peinait à s’extirper du pieu. Couinant ma douleur entre mes mâchoires serrée, je m’observais le corps en le tâtant à la recherche d’un coin tranquille où les terminaisons nerveuses resteraient muettes. Je n’en détectais aucune. L’impression d’imploser de tous bords au niveau du tronc me forçait aussi à me recroqueviller comme un pantin difforme dont les cordes qui le tenaient debout s’étaient distendues. Ainsi positionné, je ressemblais à une crevette décortiquée dont chacune des pattes grouillantes cherchait en vain à se protéger le ventre. La colère se pointa et explosa. La tempête me surprit tout autant qu’elle me réconforta. Il restait dans cette dépouille assez de feu pour réagir! Parce qu’avec ce putain de physique déclinant, j’avais également perdu toute trace de désir. Là où, il y a peu, je puisais créativité et orgasmes, je ne trouvais qu’un caveau de cendres poussiéreuses. Cette pensée me déprima aussitôt. Je portais le quotidien comme un rideau de pluie; je traversais le temps pris dans une souricière qui me frappait et me fendait jour après jour. Qu’avais-je commis de si terrible pour mériter un tel calvaire ?

Mon corps criant, je le supportais malgré tout. En silence continu et en solitaire. J’étais souffrant et debout. Comme un homme. Un vrai de vrai. De ceux qui traversent le désert presque nu en se riant des brûlures et des vautours carnassiers et qui dansent sous la lune en hurlant. Pourtant, en ce moment même, je me sentais totalement écrasé et incapable d’étirer ne serait-ce qu’un côté de ma bouche pour montrer férocement les dents en signe de défi à la vie ou encore de sourire ironiquement devant la situation. Depuis que j’avais pris conscience de mon désir de paternité, ce cirque cauchemardesque dont j’étais le clown de service aplanissait tout mon enthousiasme. Comment pourrais-je amener la vie et disparaître aussitôt ? Je durerais bien quelques minimes années, mais la peur de laisser un fils orphelin et une mère dans le trouble paralysaient toute tentative de relation sérieuse. Plus la souffrance me retenait, plus je creusais une tombe d’isolement. La hantise de mourir demain scellait mon destin. Ombres et détachement.

Bien sûr, aucun diagnostic n’était officiellement tombé malgré que je redoutasse un salopard de cancer du pancréas, du foie ou des intestins. Les tests de sang n’offraient pourtant que normalité là où le martèlement perpétuel faisait douter. Demain, s’il n’était pas trop tard, je passerais sous la technologie moderne pour me faire lire le destin directement dans les tripes et enfin relâcher un peu de cette tension amené par l’inconnu. Comment se faisait-il alors que dans cette bourrasque matinale je fusse encore capable de rêver ? Tenace, un petit bout de ciel s’entêtait à rester ouvert. Il laissait filtrer un mince filet de lumière bleue qui, me frappant de temps en temps, agissait comme autant d’électrochocs dans la bataille qu’était devenu mon quotidien. Ces fugaces éclairs me révélèrent enfin… Dans ce jeu lumières kaléidoscopiques, tu m’apparus, et la force de ton amour embrouilla ce diagnostic fatal.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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