Espoir

Espoir

Je suis un point. Pas une ligne ou un pont. Pas même l’arête tranchante qui divise ou dirige la forme. Un simple point. Indistinct dans la nature. Je suis une étoile morte au firmament des unions. Un petit caillou solitaire et flottant qui souvent se retourne, mais jamais ne se projette en avant. Avalé par le vide, bousculé par les tempêtes, retenu en son centre.

Je suis une cavité sombre, une caverne tumultueuse, un corps calciné. Je trace à la craie des traits de lumière. J’efface à la main l’imposant écho des siècles d’obscurantisme. Je décris en courbes brisées l’agitation de mes peurs. J’écris en boucles et déliés sur mes os fracturés. J’en perds le fil. Le temps clignote. Il me lance d’avant en arrière, de haut en bas, me fracasse et m’explose.

Je suis un axe routier accidenté. Je gis entre les mondes d’hier et de demain, éclopé. Je suis la panique originelle qui conduit aux cachots. Celle qui empêche d’expérimenter, de vivre, de croître. Entraîné à écouter l’acquis et le connu, je me console des cloisons de cette prison. Je racornis et m’assèche, me coupe et m’éteins. Je suis un point perdu dans une partie à compléter.

Une brise souffle du nord. Le froid scintille. Portant comme tout bagage sa nudité, une étrange étincelle frappe à ma porte. Elle se dépose silencieusement et ravive ce corps nécrosé. Une fibre à la fois. Un muscle à la fois. Mes membres ankylosés goûtent encore la peur et le doute. Ils s’éveillent acides à cette chaleur continue. Toujours lové et protecteur de mes certitudes, je m’effrite petit à petit.

Je suis un point culminant. La condensation ultime avant l’éclosion.

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