Ce jour est comme tous les autres
Une contrainte à l’éveil
Un pas de plus vers l’avant
Quelques phobies passagères
Quelques rencontres étrangères

Ce jour traîne son fardeau
Entre deux soleils paresseux
S’étirant longuement
Dans une course molle
Jusqu’à ce qu’il s’épuise
Timidement

Ce jour s’incarne encore
En milliers de regards vides
En une mosaïque d’êtres solitaires
Qui cherche et cherche encore
À s’identifier ou à se retrouver

Ce jour se fait discret
Caché dans une profonde noirceur
Il se soustrait à notre perception
D’une façon ou d’une autre
Laissant naître l’imaginaire
D’où germent les rêves et les angoisses

Qui se veut maître alors
Lorsque le jour s’essouffle
Et qu’il cherche à se reconstruire
À partir de brides mémoires
Étranglé par les souvenirs et les projections ?

Est-ce un calque de réalité
Ou un masque d’illusion
Qui habite ce corps
Depuis ce nouveau jour
Ou tu imprimas ton regard
Sur cette âme coulante

À qui appartiennent ces yeux d’or ?
À toi, à elle ?
Qui transmet ? Qui reçoit ?
Ne serait-ce qu’un reflet
Le miroir sacré d’une rencontre
Qui perturbe l’axe des jours ?

La folie des hommes est de nier
L’insolence du jour
Lorsqu’il les prend à bras le corps
Et les entraîne contre leur gré
Dans ces espaces ambrés
Dont, de tout temps, ils ont rêvé.