Ne m’en veuillez pas, madame, que je mette pied à terre dès à présent. Je suis en peine de devoir tirer ma la lame et de vous percer le flanc d’un coup sec. Vous vous effondrerez lestement, je prendrai dès lors mon escarcelle et je continuerai seul ma route jusqu’au milieu de la clairière. Quelques pas derrière le cyprès millénaire, sous le ciel étoilé, je creuserai ma tombe avec dignité. Je joindrai ma chair à cette terre meuble qui se refermera sur moi. Là, au cœur du silence, je méditerai seul à la création du monde pendant que des vers creuseront avec ingéniosité des tunnels jusqu’à mes organes sensibles. Je rêverai de vous, assurément, fidèle amie, tandis que l’espace se redéfinira.

Des orages pourront éclater, des mers se déchaîner, des météores percuter la planète, des volcans enflammer l’air, nous serons à l’abri de toutes ces calamités dans le silence opaque de notre résurrection.