Au neutre, comme dans ni vers l’avant ni vers l’arrière. Une forme de mise en apesanteur qui allège. Juste assez pour ne pas sombrer ni s’envoler. Indescriptiblement à la verticale de l’oubli. Dans un repli délicieux et odorant. Un pétale soyeux ! Au neutre sans la pression interne qui plombe l’aile et aspire au drame. Le terrain se fait fertile s’il n’est plus occupé par l’envahisseur. Une paix délicieuse, un repos mérité au-dessus du champ de mines sur lequel il serait difficile de poser les pieds, tellement il fait léger dans cet espace. Étrangement, en pleine crise, la résistance a disparu. Totalement évaporée. Aucune trace de combat ni de ruine, juste encore ce sentiment de pouvoir voler sans s’accrocher les ailes, librement inspiré du temps qui passe. La fureur du conflit qui déchire remplacée par un silence parlant. Quand même bien les flash-back se présenteraient, il ne resterait que l’ombre d’une poussière dans la lumière éclatante projetée sur toile vierge. Une ombre et un fantôme au corps effiloché dont les contours flous danseraient avec les assemblages hétéroclites de vapeur et de ciel aux tons crémeux jusqu’à s’y perdre également. Vide, l’esprit vindicatif. Déserte, la tombe du ressentiment. Creuse, cette histoire trop polie en verre cassant.

L’oubli est une grâce majuscule.
Malgré tout, je sais qu’un cheval fou doit être libéré.

 

 


// image par Arslan Ahmedov