À vrai dire, je suis l’homme le plus intéressant que je connaisse. Pas seulement intéressant, intriguant et substantiel en plus. Captivant, stimulant, charmant.

Rien de moins et sûrement beaucoup plus. Des tonnes de qualités positives qui surpassent en nombre les petits accrocs de ma personnalité tranquille. Si je n’étais pas déjà dans mon reflet, je serai indéniablement appelé à m’y intéresser. Comme pour tout trésor : je creuserais et admirerais le miroitement de cette merveille faite homme. Admirer sans fléchir et s’en approcher. Prendre part au jeu de la découverte et prendre aussi conscience de la valeur inestimable qui se trouve juste là, à portée de main… Puis, parce que c’est irrésistible, puiser à la source infinie du pactole.

Évidemment, à la différence du chercheur d’or, l’entomologiste curieux devra se fier à son intuition afin de connaître la valeur de la drôle de bestiole qui lui tombe sous les yeux. Peut-être même l’étudier de près sans chercher à le disséquer trop profondément pour ne pas se perdre en conjectures inutiles. Le retourner sous toutes ses coutures et se faire une idée juste de ce stupéfiant spécimen. Ramage mélodieux. Plumage scintillant. Démarche gracile. Simplicité d’approche. Interaction naturelle… Il serait facile de croire à une illusion ou un trompe-l’œil. Mais les mythes sont toujours issus de quelques vérités!

Si jamais l’impression perdure au-delà de quelque temps, que la trace s’inscrit — indélébile — dans votre rétine, que votre main involontaire se tend pour me toucher ou que votre âme débordante chavire, il n’est rien de plus normal. J’assume totalement… et je recevrai vos louanges avec une délicate humilité.