Si j'avais des dents, je mordrais à plein dans la vie. Malheureusement, comme vous le savez si bien au Québec, le poulets n'en ont pas. Quelle drôle d'idée, direz-vous, de m'identifier au poulet. Ce n'est pas une identité emprunté, je suis un poulet; et pas n'importe lequel, un poulet fou! Ça aurait pu être pire, j'aurais pu être une poule sans tête, courant en tout sens dans l'incohésion la plus totale. Mais non, je ne suis que le poulet fou. Un "funky chicken" comme ils disent en anglais. J'ai beau ne pas mordre dans la vie, mais je brasse de l'air avec mes ailes emplumées. J'ébroue énormément de mon beau derrière de coq. Je m'agite, me secoue, et piaille aussi. Ah, pour piailler, je piaille en tous sens. Je glousse d'ailleurs sous mes airs faussements endormis. Qu'il soit trop tôt ou très tard, je ne cesse de caqueter. S'il ne peut être le roi de la basse cour, le poulet en est son fou. J'adore ce rôle! Toujours un mouton à dérider, une vache à offusquer ou un porc à taquiner. J'en ai de la chance de pouvoir m'attaquer à toute la ferme avec l'aval de mes camarades. Car apprenez que ce poulet fou reste malgré tout un être bien social, quoique bien matinal ... Moi, poulet, obserbe beaucoup entre deux coups de becs bien placés. Je cache, derrière ma frange mal taillée un oeil vif et mordant, puis je note à coup de plumes les dérivations tribales de mon lieu de vie. Parfois, on me demande de poussiner. Pour y arriver, je n'ai qu'à penser à de la crème glacée, et je retourne instantanément à l'état Caliméro, mais en plus beau. Dans cette peau rajeunie, je caquette encore plus fort et jacasse sans filtre, écorchant au passage tout ce qui bouge. Tant pis pour vous, tel est le rôle qui m'incombe! Au final, le "loco pollo" est une bête bien sympathique qui agite ses baguettes, magiques, pour vous voir tous danser. Merci Poulet, je t'aime. Sans BBQ, bien sûr!









