Les saintes écritures
Entre chaque moment, il peut y avoir une éternité ou une fraction de micro-seconde; la perception dépend principalement du degré de présence dans l'activité. Dans l'absence, il y a aussi cette sensation diffuse du temps qui passe, trop lentement ou trop vite, selon encore le désir qu'il y a d'une rencontre. Et bien, cette rencontre fortuite, au coin du blog, je vous l'offre enfin.
Distrait à plusieurs sauces, départi de la machinale envie de la bête pixelisante, j'ai retrouvé la nature dans ma course, juste là, entre deux piles de linges: le vieux à ranger et le neuf à étrenner. N'ayant pu le courage et la motivation stimulant le partage, je me suis plongé dans le tri sans souffler mot à personne de mes étranges découvertes. Les jours passent, les lunes et les soleils s'enlacent et moi, tête en l'air et pied sur terre, j'étudie sans le savoir les prémisses de l'amour. Un amour solide, royal, débordant. Un habit de roi lumineux pour un corps frêle et malade. La différence d'état me laisse perplexe. C'est comme si l'abolition des doutes d'être avait enrayer une décomposition déjà fort avancé. Là, maintenant, il me faut vraiment regarder dans un miroir ce reflet réel d'homme accompli.
Accompli, bien grand est le mot. Disons seulement que l'étape première, consistant à se dépouiller du vieux, est finalement franchi. Toute ma vie je me suis senti ralenti, en attente. Comme si un cran de sécurité m'interdisait de toucher à cette force primitive. Puis boum, sans crier gare, j'ai enfin eu le champ libre pour l'expression entière du potentiel. Étourdissant. J'ouvre des dossiers à n'en plus finir, je débute des tâches improbables, je roule à plein régime. S'il fallait rattraper le temps perdu, je ne ferait pas autrement. Même ma créativité se trouve aiguisé. L'écran sur lequel se forme les idées semblent trop étroit pour cette nouvelle pensée.
Serait-ce depuis que j'ai crié OUI À LA VIE... I REACH FOR LIFE que la pause s'est terminée ? Je ne saurai le dire. Mais comme vous savez, certaines choses ne changent pas, comme celle d'avancer lentement, très lentement, dans une liberté presque totale. De toute façon, au centre, là où tourne la vie, les horloges se cognent aux portes closes de mon esprit vagabond.
Ensuite, frères et soeurs, je retournerai ma veste et je vous ferai danser sur un rythme à plusieurs temps; entre l'éternité et la micro-seconde.









