6 heures du mat. Déjà deux cafés de bu. Le silence m’angoisse. Je tartine un toast de miel. Le pain craquèle sous la pression du couteau.  Les miettes collent au fond de l’assiette. Je tremble de vertige caféiné. La journée s’annonce indomptable avec ce temps qui s’étire.

Putain de solitude.

J’attends que tu te lèves. Je suis toujours celui qui doit attendre. Au lever, au repas, pour la douche, les toilettes, pour parler, pour baiser… Me semble que le ciel est bas. Je tapote ma tasse vide avec mes doigts nerveux. Les minutes tardent à avancer. Putain. J’ai les nerfs aussi instable que l’esprit. Instable. Un peu comme notre relation. Intime. Un peu comme la course à l’amour. Je délire en boucle la bouche ouverte à murmurer les malheurs de notre vie. Pas responsable, pas aimable, trop loin, trop d’attente, alouette. Mais quand te présenteras-tu donc?

Vie de chien, temps de canard! Je me gorge d’un surplus de noir breuvage. J’ai le corps qui s’envole et les genoux qui flanchent. Le coeur palpite à cent à l’heure. Les heures sont gelées. Les minutes divaguent.  Les secondes frappent aux tempes avec un excès de sang. Putain et reputain.

Rêves-donc encore un peu. Je suis pas présentable. Mes yeux fixent l’abeille sur le pot de miel. Ma pupille éclatée laisse une trace de flou. Où est le focus? Où sont passés ce paradis promis et cette extase délicieuse? Caramba, je suis une mouche tzigane. Je m’entends gratter nerveusement la table de la cuisine. Qu’en est-il de la douce mélodie de notre vie? Tzing tzing tzing!

L’abeille décolle. La terre tourne. Il reste des miettes à ramasser. Je déteste le café!

Classé dans : 1 | admin | 27 décembre 2008 Commentaires (0)

Au commencement était la peur, sèche et granuleuse comme le granit. Une peur primale prête à éteindre tous les foyers naissants d’incendies de coeur. Une peur enveloppante et confortable dans l’intimité de l’être mais dérangeante pour l’espace que je cherchais à créer. Après ce sentiment réducteur, j’en vins à t’oublier partiellement, te rendre invisible dans chaque parcelle de ma terre sacrée. Séducteur sédentaire, il me faut tout de même un certain temps et une effort certain pour détourner le ruisseau naissant. Quoique, cette fois-ci, la source rapidement tarit m’invita simplement à renflouer les sillons tracés.

Pourtant, dans un silence épais, tu te présentes à moi sous forme de fée aux ailes de papillon et tu me tinte tes clochettes scintillantes comme si tu cherchais à communiquer sous une autre forme. De loin en loin, les yeux mi-clos, je pressens l’importance du rapport. Coupant court, je te rejette facilement. Douleur de l’égo mineur, réaction majeure.

Nous n’en sommes qu’au commencement et c’est déjà le début de la fin.
Qu’il en soit ainsi.

Classé dans : 1 | admin | 9 décembre 2008 Commentaires (1)

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