S’il n’y avait que ça, tout pourrait être plus simple. Mais non, il faut toujours qu’une chose soit accompagnée de son contraire, et aussi d’une suite de petits à côté qui sont des conséquences moins graves, mais quand même présentes. Si c’était à vous que c’était arrivé, j’en rirais évidemment de bon cœur avec ma maladresse légendaire.Vous me toiseriez avec votre air frustré mais, ne sachant comment faire autrement, vous éclateriez aussi d’un rire sincère. Pourtant, ici, maintenant, personne ne rit. Au contraire, ça grince et fait grincer. Allez savoir vous quel pan de la personnalité réagit quand il s’agit de soi : l’orgueil, l’estime, la peur? Le regard sur la chose se rétrécit et l’aveuglement nous prend. S’il n’y avait que ça, je pourrais lorgner l’ailleurs. Et dans cet ailleurs je vivrais la beauté des nuages à fleurs de l’eau se mouvant sur des reflets de sapins alités. Comment donc une si petite banalité réussit-elle à contraindre la liberté et l’expression, je vous le demande. Et puis il y a aussi, j’en conviens, vous qui me suivez de loin, tentant de deviner ce dont il s’agit. Ça m’agace. Sincèrement, votre curiosité m’enferme aussi dans le silence. Je résiste à glisser l’indice qui saurait vous faire découvrir l’improbable. Ma confiance ne se gagne pas aussi facilement. Si vous me laissiez parfois des preuves de votre intérêt sincère, je vous estimerais et peut-être partagerais. Dans le cas présent, « nunca ». Et puis si rien de tout ça ne s’était produit, je serais plus sympathique et je vous chanterais encore des ritournelles envoûtantes. Parce que oui, malgré les imprécations présentes, mon cœur est à l’amour… 
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