Les saintes écritures
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C’était un moment étouffé dans un cadre doux. Il pleuvait des feuilles d’automne sur nos corps et nous remontions le cours du temps à la recherche de point commun, de point d’ancrage. Nos doigts frileux hésitaient à se rencontrer. Ils caressaient plutôt la rythmique de notre discussion. Encore et toujours passionné, les inconnus que nous étions proposaient des pistes faciles à suivre. Les coïncidences nombreuses nous faisaient frissonner de plaisir. Nous savions que la rencontre serait un voyage généreux. Si le désir montant restait coi, il en incombait la faute à notre enthousiasme commun. Trop de plaisir dans la découverte. Trop de facilité à se comprendre, à s’aimer dans la séduction.
[…]
L’esprit de la forêt nous entourant décuplait l’esprit de liberté qui nous animait. Ainsi, lorsque saoul de partage le vent fou se mit à courir dans notre être, il fût tout à fait normal de se rapprocher. Un regard, une bouche, un corps entier offert en gage de complicité. Sur un tapis de mousse moelleux dans la fraîcheur de septembre, nos halètements et nos rires s’offrirent des bouchées de tendresse tandis que nos corps pétillants se reconnaissaient d’un amour sauvage. Nous nous perdîmes dans l’infini et la plénitude. Se relevant joyeux et remplit, nous plongeâmes dans l’eau glaciale du lac avant de disparaître l’un de l’autre, chacun de notre côté.
Oui, c’était un moment étouffé dans un cadre doux qui n’explosa jamais hors de ce cadre unique.









