J’étais dans un état comme qui dirait vaseux. Mon foie trop plein engendrait une colère sourde qui grondait sous la surface. Évidemment, toi, tu ne me parlais pas, ignorant tout de mon état éclopé. Dans mon silence pesant, chaque regard cherchait à se poser sur un objet sensé me calmer: une branche frémissante, un nuage naissant, une ondée sur la rivière… Je cherchais là à remplacer l’image imprimé sur la soie de mon esprit qui n’arrêtait pas de m’obséder depuis quelques temps déjà. Une image de toi à la merci de mon amour. Une femme surprise et charmée, séduisante et entreprenante. Tellement que tous les voiles de mes idées battaient aux vent avec ton effigie s’y présentant. Tous en transparences relatives, ajoutant ou enlevant à la tension de l’imaginaire, sans jamais disparaître complètement.
Je t’ai vu clé de mon univers, pont plutôt. Pont entre le moi mineur et le soleil radieux. Diverses entreprises et jeux unissaient notre destin. Jeux de corps surtout. Ceux-là même que je n’arrive plus jamais à exprimer. Avec toi, cela collerait. Évidemment, ce ne pourrait être tout à fait normal. L’état d’extase est plus difficile à trouver lorsque certaines évolutions furent accomplies. La prêtresse de l’amour et le pape de la paix. Un couple orgasmique de lumière et de sang, vivant le don complet de soi, vidant les couplets superflus et chantant sans fin la gloire de l’union. Qu’il serait doux le parfum de ton sexe offert au travers les émanations de la nature sauvage. Qu’il serait bon le baiser des langues dans l’intensité de la pénétration. L’axe vertical du serpent rejoignant l’horizontalité de l’infini pour faire de nous des dieux ennoblis par l’extase. Dieux de feu solaire reprenant le contact avec une réalité tangible et sensible…
Oui, aujourd’hui je grogne de voir s’effacer ces lueurs d’espoir. Oui je vis la nausée de la colère percutante. Et, dans un ultime acte de dérision contre la puérile quête du vouloir, je brûle toutes traces du passé et je te laisse t’échapper.

(*

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Classé dans : relation | admin | 3 septembre 2008

3 commentaires

  1. curiosité eveillée, mais Qui estcet-elle?

    envie de t’ecouter parler comme je te lis ;-)

    Commentaire par mo — 3 septembre 2008 @ 21:10

  2. Qui dit que la réalité et la fiction ne se confonde pas… Dans un état de silence mystérieux, je ne répondrais pas au “qui” mais seulement que l’objet des désirs est objet fragile et changeant et surtout, permutable à volonté!

    Lp (*

    Commentaire par Lp — 4 septembre 2008 @ 8:24

  3. Bonsoir Louis-Philippe!

    Je suis présentement en train d’écouter ta bibliothèque sur Last.fm! Sur ton profil, ‘enfant du soleil’ a attiré mon attention et j’ai été voir par curiosité!! Je trouve ton texte tout à fait émouvant… Ta sensibilité est tellement belle! Après avoir terminé ma lecture, j’ai eu envie de partager un de mes textes que j’ai écris nommé ‘Cyclique’ donc le voici…

    ——–
    Je fuis, je cours, je me sauve.

    Le nuage noir de la souffrance s’avance vers moi rapidement. J’ai peur. Je ne veux pas subir ses sévices. Je veux retrouver mon ignorance et continuer à m’émerveiller devant rien! Je veux continuer à être passionnée, à espérer, à croire, à sourire, à rêver, à être inspirer, à vivre… Mais je sens que tout ça se désagrège en ce moment. Mon âme perd de sa légèreté, de son innocence à chaque fois que la souffrance me rattrape. Je rêve de me sentir bercer par le vent. Je sens l’odeur âcre de la souffrance entrer par mes narines et envahir mes poumons, se disséminer dans mes vaisseaux sanguins, atteindre mes muscles et mes nerfs. J’ai perdu la course. Je souffre amèrement. J’ai effroyablement peur. Mon corps est envahi de tremblements. Des cris déchirants se propulsent hors de ma bouche. Ma vue devient subitement embrouillée. Mon visage est trempé par la tristesse qui s’éclipse de mes yeux. J’angoisse. Je me recroqueville par terre.

    Le vent s’annonce pour mieux me consoler. Il m’offre un spectacle magnifique en dessinant une bourrasque multicolore dans le ciel. Mais les couleurs finissent par s’évanouir pour ne laisser place qu’au blanc et au noir. Le nouveau tourbillon ressemble étrangement au signe du Yin Yang. Puis le vent déserte rapidement. C’est le silence, la noirceur, le calme…

    C’est le moment… Je décide d’y faire face. Je me lève et pivote sur moi-même lentement, avec frayeur. Ma vue n’est plus gâchée par ma tristesse mais je n’y vois toujours pas clair. C’est la noirceur totale, je suis à même les ténèbres.

    Le vent se fait soudainement remarquer. Il siffle et fait semblant de rien. Il devient tornade et me soulève doucement, délicatement et avec classe. Je me laisse prendre. Le vent caresse mon corps nu en entier et simultanément! Quelle sensation! Je ferme les yeux… J’entends… Le vent ne siffle plus mais il chante langoureusement. Il se fait de plus en plus violent. Il siffle et chante en même temps! Ses caresses sont de plus en plus intenses. Quelle extase!!! Je suis au ciel. Je vois briller les étoiles. Je suis sur un nuage. J’atteins un orgasme d’une telle violence! Il pleut. Je plane, je rêve, je m’envole…

    Le vent se fait plus doux et me repose par terre. Me revoilà revenu à la triste réalité dans ce foutu nuage noir de calamité… Je regarde autour de moi, que du noir… Qu’est-ce que je fais ici? Je veux partir en d’autres lieux, d’autres terres. Je suis une poule sans tête! Il n’y a aucune issue de secours! Je panique, j’angoisse, je m’effondre… J’appelle le vent imperceptiblement. Rien… Je crie vent. Toujours rien…

    Je fuis, je cours, je me sauve.
    ——

    Alors voilà! Hope you enjoy!

    Karine

    Commentaire par Karine — 23 novembre 2008 @ 23:19

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