C’était un moment étouffé dans un cadre doux. Il pleuvait des feuilles d’automne sur nos corps et nous remontions le cours du temps à la recherche de point commun, de point d’ancrage. Nos doigts frileux hésitaient à se rencontrer. Ils caressaient plutôt la rythmique de notre discussion. Encore et toujours passionné, les inconnus que nous étions proposaient des pistes faciles à suivre. Les coïncidences nombreuses nous faisaient frissonner de plaisir. Nous savions que la rencontre serait un voyage généreux. Si le désir montant restait coi, il en incombait la faute à notre enthousiasme commun. Trop de plaisir dans la découverte. Trop de facilité à se comprendre, à s’aimer dans la séduction.

[…]

L’esprit de la forêt nous entourant décuplait l’esprit de liberté qui nous animait. Ainsi, lorsque saoul de partage le vent fou se mit à courir dans notre être, il fût tout à fait normal de se rapprocher. Un regard, une bouche, un corps entier offert en gage de complicité. Sur un tapis de mousse moelleux dans la fraîcheur de septembre, nos halètements et nos rires s’offrirent des bouchées de tendresse tandis que nos corps pétillants se reconnaissaient d’un amour sauvage. Nous nous perdîmes dans l’infini et la plénitude. Se relevant joyeux et remplit, nous plongeâmes dans l’eau glaciale du lac avant de disparaître l’un de l’autre, chacun de notre côté.

Oui, c’était un moment étouffé dans un cadre doux qui n’explosa jamais hors de ce cadre unique.

Classé dans : Textes | admin | 19 septembre 2008 Commentaires (0)

C’était un moment unique, un déclic rapide et sincère, un flash comme je n’en avais pas eu depuis longtemps. Avec toi, je n’avais pas à demander le sourire, il venait de lui-même; comme si tu connaissais par défaut mes besoins intimes. Évidemment, le cadre n’était pas parfait. Dans la composition traînait des arrière-plans jamais très flous qui éclipsaient dangereusement le sujet que je me sentais en devoir d’observer de plus près. Des arrières-temps que tu embrasais encore les soirs où j’étais hors focus. Sous cet éclairage cru, j’arrivais à mieux lire les traits d’union qu’il me faudrait surmonter. (Lire la suite…)

Classé dans : Textes | admin | 8 septembre 2008 Commentaires (0)

Hiding
under a soft white skin
patiently waiting
for the tide of love
Shallow water, rock bottom

Go, jump off the cliff
and break a leg

***

I swallow the wind
Hoping to fly
Away from me

Classé dans : Textes | admin | 5 septembre 2008 Commentaires (0)

J’étais dans un état comme qui dirait vaseux. Mon foie trop plein engendrait une colère sourde qui grondait sous la surface. Évidemment, toi, tu ne me parlais pas, ignorant tout de mon état éclopé. Dans mon silence pesant, chaque regard cherchait à se poser sur un objet sensé me calmer: une branche frémissante, un nuage naissant, une ondée sur la rivière… Je cherchais là à remplacer l’image imprimé sur la soie de mon esprit qui n’arrêtait pas de m’obséder depuis quelques temps déjà. Une image de toi à la merci de mon amour. Une femme surprise et charmée, séduisante et entreprenante. Tellement que tous les voiles de mes idées battaient aux vent avec ton effigie s’y présentant. Tous en transparences relatives, ajoutant ou enlevant à la tension de l’imaginaire, sans jamais disparaître complètement.
Je t’ai vu clé de mon univers, pont plutôt. Pont entre le moi mineur et le soleil radieux. Diverses entreprises et jeux unissaient notre destin. Jeux de corps surtout. Ceux-là même que je n’arrive plus jamais à exprimer. Avec toi, cela collerait. Évidemment, ce ne pourrait être tout à fait normal. L’état d’extase est plus difficile à trouver lorsque certaines évolutions furent accomplies. La prêtresse de l’amour et le pape de la paix. Un couple orgasmique de lumière et de sang, vivant le don complet de soi, vidant les couplets superflus et chantant sans fin la gloire de l’union. Qu’il serait doux le parfum de ton sexe offert au travers les émanations de la nature sauvage. Qu’il serait bon le baiser des langues dans l’intensité de la pénétration. L’axe vertical du serpent rejoignant l’horizontalité de l’infini pour faire de nous des dieux ennoblis par l’extase. Dieux de feu solaire reprenant le contact avec une réalité tangible et sensible…
Oui, aujourd’hui je grogne de voir s’effacer ces lueurs d’espoir. Oui je vis la nausée de la colère percutante. Et, dans un ultime acte de dérision contre la puérile quête du vouloir, je brûle toutes traces du passé et je te laisse t’échapper.

(*

Classé dans : relation | admin | 3 septembre 2008 Commentaires (3)

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