Les saintes écritures
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Comme un tortuesque éléphant, je traîne ma maison sur un dos courbé. Un sac de dix kilos avec mon travail, mon passeport, mes amis et une brosse à dents. Sans plus ni moins de toit je me promène et m’amène dans des maisons que je quitte au matin. Je m’explose dans diverses directions sans trop m’imposer et pourtant sans ce toi qui me fuis je suis de plus en plus en partance. Latence d’un départ maintes fois retardés. Si ce n’était que les messages incompris qui m’impatientaient…
Marcher. Avec un sac. Exercice fortifiant. En ville ou en campagne. Dépaysement assuré. Wild world. Being called for travelling. Des images d’un autre univers. Love making and walking. Double exploration. Exposition au passage. Celle des peintures créées entre temps, entre deux pas. Destination ultime : amour!
Quand je reviens sur terre, il reste un parfum de vérité, une force inspirante. Vivre sans raison dans un bagage léger entraîne au détachement. Comme si je pouvais vivre pris en charge par le monde extérieur sans me préoccuper des conséquences. Misère et pauvreté. Richesse et gaité. Tout dépend de quel point de vue. Ma mère croit au miracle; le père à la destitution. Vivre en pause de la société tout en restant mobile. Mobile pour ne pas mourir, de peine de vivre autrement. Vivre pour se mobiliser enfin. Vers un chemin pas du tout tracé. Les pieds dans un soulier argent. Les bas roulés sur les chevilles et le col ouvert sur le cœur. Marche ou rêve. Oh que oui, marche ou crève.









