SDF

Comme un tortuesque éléphant, je traîne ma maison sur un dos courbé. Un sac de dix kilos avec mon travail, mon passeport, mes amis et une brosse à dents. Sans plus ni moins de toit je me promène et m’amène dans des maisons que je quitte au matin. Je m’explose dans diverses directions sans trop m’imposer et pourtant sans ce toi qui me fuis je suis de plus en plus en partance. Latence d’un départ maintes fois retardés. Si ce n’était que les messages incompris qui m’impatientaient…

Marcher. Avec un sac. Exercice fortifiant. En ville ou en campagne. Dépaysement assuré. Wild world. Being called for travelling. Des images d’un autre univers. Love making and walking. Double exploration. Exposition au passage. Celle des peintures créées entre temps, entre deux pas. Destination ultime : amour!

Quand je reviens sur terre, il reste un parfum de vérité, une force inspirante. Vivre sans raison dans un bagage léger entraîne au détachement. Comme si je pouvais vivre pris en charge par le monde extérieur sans me préoccuper des conséquences. Misère et pauvreté. Richesse et gaité. Tout dépend de quel point de vue. Ma mère croit au miracle; le père à la destitution. Vivre en pause de la société tout en restant mobile. Mobile pour ne pas mourir, de peine de vivre autrement. Vivre pour se mobiliser enfin. Vers un chemin pas du tout tracé. Les pieds dans un soulier argent. Les bas roulés sur les chevilles et le col ouvert sur le cœur. Marche ou rêve. Oh que oui, marche ou crève.

Classé dans : 1 | Tags :, | admin | 24 juillet 2008 Commentaires (0)

C’est ici que tout a commencé. Pas exactement le même lieu, mais dans le même décor : la chambre de ton cousin. Nous étions un couple officiel, moi chancelant et toi amoureuse. Je m’étais enfui de ma colocation pour aller goûter ton environnement. Malgré les trois semaines de fréquentation, jamais je n’avais eu la chance d’explorer ce lieu. Toute nouvelle immigrante, tu logeais chez ton cousin et sa copine qui t’avait offert le bureau comme lieu de vie. Pas vraiment intime, mais chaleureux.  Je fus séduit par tes habiles touches de décoration personnelle dans ce lieu commun. Des objets naturels, des plantes, et des abstractions touchantes.

Dans ce petit temple créé à ton image, tu dormais sur le futon du salon que chaque jour tu te devais de ranger malgré l’effort. Et c’est sur ce même futon que tout a commencé. Ce tapis de mousse duveteuse sur lequel tu m’avais invité à dormir ce soir là. Une nuit simple : câline, mais silencieuse.   Au matin, je me sentais bien. Bien comme jamais auparavant depuis que je vivais dans la maison de l’Est. Et c’est vraiment là que tout a commencé.

Tu connaissais mes doutes. Tu avais eu droit quelques jours précédents l’invitation, à une crise d’angoisse démesurée concernant notre relation. J’y étais collé comme à un pot de miel, impossible de la quitter. Et si je voulais partir, c’est qu’un jour tu découvrirais le double fond de ma valise et cela t’effraierait. Tu ne pourrais supporter ma triste vérité et encore moins ma triste mine. Je ne m’aimais pas et n’avais pas envie d’être bouleversé. Mais toi, tu as ouvert les bras et le cœur plus grand encore. Surpris et méfiant, avec larmes et convictions, je t’ai promis de briser toutes les barrières qui m’empêcheraient de te rejoindre. Je savais que le chemin à parcourir serait long, mais j’y croyais fermement. C’est donc quelques jours plus tard qu’au lit, un matin suivant une nuit simple que tout a basculé.

Je me sentais bien et calme. Rassuré et inspiré. C’est pourquoi je t’ai offert de prendre cette chambre avec toi lors de l’exode temporaire des résidents. Tout un été dans le Mile-End, dans un lieu pour nous deux, à se découvrir et se dépasser. Il ne fallut qu’un instant pour que tout soit réglé. Discussions, accords, déménagement. La valise changeait de scène après s’être reposée deux longues années. Elle allait rejoindre la tienne, dans le coin de ce décor partagé. Pour moi comme pour toi, c’était la première tentative de couple sous un même toit. Mes doutes ont perduré, mes peurs augmentées, mes rejets multipliés et mon cœur s’est racorni. Nous sommes pourtant restés liés, contre vents et marées, et avons choisir de continuer.

Il y près de trois ans que tout a commencé, que le flottement s’est installé et que nous nous y sommes habitués. Dans le couple comme dans la séparation, nous sommes restés attachés. Le jour tirant sur la nuit et la nuit fuyant le jour. Tour à tour amour et abandon, retour et hésitation. Un mouvement perpétuel nous enlisant dans l’habitude et l’insignifiant. Enragés de rester prisonniers de la force d’inertie, nous avons tenté diverses sorties. Toutes soldées par des échecs jusqu’à ce que la semaine dernière, ton sentiment s’épuise et se meurt enfin, tandis que moi, de l’autre côté du voile, je ressuscitais lentement à moi-même pour enfin t’offrir ce don précieux… Ton cœur affamé n’a pas perdu de temps à retrouver un appel de vitalité. Il s’est entiché d’une personnalité bien rayonnante, brûlante même. Dans le chaos de ma présence physique perpétuelle, il a su garder sa sérénité et son envie d’être savouré. Je le comprends plus que tout.

Comme c’est ici que tout a commencé, c’est aussi ici que tout se conclura, sur le même lit mais seul. Dans le décor musical de la chambre de ton cousin. Celle que je visite par dépit, pour laisser l’espace à ton être d’explorer et d’exploser d’extase et de nouveauté. La fin n’est évidemment qu’un début pour quelqu’un d’autre, ne serait-ce être seulement que toi. Un départ différent hors du lieu commun. Et si tout, finalement, ne faisait qu’un? Sinon pourquoi aurait-il fallu qu’il soit né le même jour que mon père décédé…

Lp (*
16 juillet 2007

Classé dans : 1 | Tags :, | admin | 17 juillet 2008 Commentaires (0)

Entre le départ et l’arrivée, une route nous sépare. Un chemin tortueux de mousses et de rigolade. Sans même pouvoire m’affirmer à tue-tête, j’aurais espérer pourvoir les mots sincères, ceux qui frappent à la tête lorsque la paix s’affiche. J’aurais continuer dans le bateau pour une éternité délicieuse ou jusqu’à ce que s’épuise le vent.

Un oiseau passe, roucoulement et balançoire. Une rythmique bien connue nous fait danser, encore et encore. Vers quel côté se diriger depuis que le partenaire se fantômise ? Il reste une parfum de sourire et un mutisme bien solide. Solide comme la pyramide de Gizeh qui refuse de dévoiler ses mystères. Par ici est la porte, mais pour atteindre le coeur , que devrais-je faire ? Te guider en note pointu ou te laisser découvrir ? Mes retenues sont autant de souffrance que mes articulations arthritiques.

Oh bon vouloir, bel espoir brûnatre, je remets entre tes mains un destin cahoteux  …

Lp

Classé dans : 1 | admin | 9 juillet 2008 Commentaires (0)

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