PFK

PFK comme l’amour qui engraisse. Le liant entre le passé et le renouveau. Le met d’attache du nouveau père quand je suis passé lentement de l’âge de 12 à 18 ans. Un baril par fin de semaine. Deux bouteilles de Coke. Des invités aussi. Contexte idéal pour se faire accepter par trois adolescent et un jeune poussin de 4 ans pour cet homme qui remplaçait d’office dans la vie de veuve ma mère l’amoureux disparu. Par la suite, dans les temps solitaires, toujours ce goût sauvage de graisse à tapisser l’émotion comme une émulsion miracle. Avales-moi ça, mon gringalet, tu te sentiras bien. Toute cette malbouffe comme pilule dorée sur le spleen. Le garde-manger émotionnel déborde de chips, de frites, de gras-trans. Le taux de cholestérol tient encore le coup. La vie, par contre, flotte dans la mélasse adipeuse et se noit… PFK comme une dépendance lointaine qui encore m’accompagne. Sous une autre forme et toujours présente. Le paradoxe du cru vitalisant versus l’arche de l’alliance construite à dose massive de poulet miracle. Faire la paix avec l’amour commence par remplacer ce conditionnement. Friture n’égalera jamais confort de l’âme. Vide comme pas un mais stone comme une roche dans le congélo à force de me gaver de cancer pané.

Je ne vous en veux pas, vous, gens de ma famille, de m’avoir diriger vers ce culte du Colonel Sanders. Il n’en tient maintenant qu’à moi de garder la tête froide et l’estomac sain.

Classé dans : poésie | | 20 février 2008 Commentaires (3)

Depuis quelques temps déjà que l’on pourrait compter en années, je joue à développer mon intuition. Selon le contexte, je garde la règle de découvrir ce qui se cache dans un futur proche. Quand je travaillais dans un dépanneur, je trouvais facilement les billets gagnants et mon renforcement positif était le prix que j’empochais. Jamais vraiment de gros lots, mais pas trop de pertes non plus. Le temps passa et j’ai abandonné ce jeu. Mais il m’apparu évidant que j’avais ce besoin primordial de jouer à “Qu’est-ce qui se passera juste là…”, pour voir, comme un gambler. Des cartes de tarots au nombre de messages sur le répondeur, tout y passait. Puis arriva ce jour où je dus sortir de chez moi. Et dehors, plusieurs outils permirent à mon sixième sens de se développer. Ne pas regarder avant de traverser le feu rouge à vélo fut la plus efficace des méthodes; la pénalité d’erreur étant si grande qu’une seule faute m’aurait laissé paralysé, ou rompu. Entre l’instinct et la peur, l’intuition se développait.
Plus tard vit l’ascensceur. L’ascenceur est un instrument rarement solitaire, il se joint facilement à ses semblables dans de gros édifices. Les seuls endroits que je fréquente assidument en comporte 3 côte-à-côte. La Grande Bibliothèque de Montréal et l’immeuble de mes amis de Crudessence . Quand j’y entre, pour rejoindre le 4ieme ou le 8ieme étage, je me place toujours devant une porte sans regarder les nombres illuminés qui affiche l’étage. Je fait ça juste pour voir comme une seconde nature. Étrangement, le taux de succès atteint les 85%. Je suis presque toujours au bon endroit. Ce matin, après avoir encore gagné mon pari du bon choix, une question judicieuse apparu dans mon esprit :

” Si je suis capable de trouver le bon ascenseur à tout coup, pourquoi j’hésite tant à faire des choix dans ma vie? Assieds-toi devant une porte et ne change pas, garde le cap mon gars!”

Peut-être est-il question d’implication émotive car, devant le mécanisme d’élévation, je n’ai nul attachement au résultat. Ni fierté dans la réussite, ni frustration devant l’erreur. Sous l’illumination matinal, je reste dubitatif et j’ai hâte de voir l’implication réelle de cette pensée dans le quotidien. Clic.

Excusez-moi, vous montez?

Classé dans : poésie | | 13 février 2008 Commentaires (1)


Je te traine comme une coquille vide au dessus de mon épaule gauche. Un vieil habit froissé jeté sur une chaise au bout du lit. Une présence fantomatique qui s’inscrit dans un silence tendu. Dressé à nos rencontres comme un chien de Pavlov salivant, je me bouleverse de ne pas te rencontrer là où je sais que tu es toujours. Où étais-tu hier soir? Ma tête ne pouvant plus lire les notes sur la partition était dans mon ventre à sentir le trou laissé par ton absence. Non pas que j’ai consciemment besoin que tu sois là, ni de te voir, ou encore de te toucher, mais tout de même, ma pensée s’envole et cherche à te rejoindre.

Toute la journée, ce fut pareil. À l’inverse. Moi cherchant à me retrouver de l’intérieur. Jamais je ne m’étais senti plus près de la dissolution complète. Léger comme l’air. Pieds inutiles. Flottant. Chaque molécules s’unissant plus au vide qu’au plein matière. Moment troublant où comme un voile je m’étire et sors de mes frontières. Tu n’y es pas, évidemment. J’ai peur de me perdre, de changer d’état. Flou depuis fort longtemps, je deviens gazeux. Rien ne m’attache à ce monde. Tout m’y attache. Le mouvement spiralé des aller-retours entre les deux m’étourdis. Je vends tout et je pars marcher en pèlerin sur une route montagneuse dans un tunnel d’arbres majestueux. Je reste et je m’inscris dans la vie ici en développant les liens à la communauté nouvellement acquise. Flou et fou. L’appartenance à la race humaine m’embête. Les hommes sont laids. Eux aussi sont des conques vides qui ne savent plus quoi résonner. J’aimerais être transparent. Translucide. Lucide. Pour peu, je me crois déjà mort, ou illuminé… Je vibre sur une fréquence différente. Pas encore assez sincère et intègre pour m’abandonner complètement à l’unité de la vie, je m’empoisonne de gestes insignifiants. Je m’accroche à mes dépendances et à mes atavismes pervers par sécurité affective. Je fais plus que je suis. Ma vie trouverait son pétillement si j’y étais totalement. À l’écoute. Mais l’identité perdu dans cette masse océanique suis encore et encore les mouvements extérieurs. Elle peine à se retrouver. Manque d’affirmation. Mollusque. Coquille vide cherchant locataire.

Et je m’interpelle. Coucou, je sais que je tu es là. Oui tu y es, mon amour, à te générer sur une piste douteuse. À tenter l’impossible raccord entre le passé et le futur. À tordre tes émotions pour t’assécher un peu. À vivre le monde à l’écart, sur une corde, avec le vertige. Tu es un roi, l’as-tu déjà oublié? Le chevalier du jour. Tête haute et fierté, soldat de plomb. Ta tour d’ivoire craque toujours plus et ne tiendras plus longtemps. La vie grouille sous ses fondations. Quelques milliers de plantes grimpent pour te rejoindre. Regarde-les. Elles se tournent vers toi, soleil du midi. Racines dans le sol ou sur le murs, lentement elles te rejoindront. Ne fuis plus. Arrose-les plutôt. Sans elles tu n’es rien, tu sais. Un point de conscience perdu dans un vide sidéral. La vie appelle la vie. Que fais-tu ? Embrasse le jour, petit roi! Embrasse la vie. Et laisse la vie s’inscrire dans chacune de tes molécules. Coucou. Tu es là?

- Et toi où est-tu, mon amour monolithe? Sur une chaise au bout d’un lit ou dans des draps froissés? Viendras-tu chanter? Reviendras-tu me hanter?

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C’était la troisième fois en moins d’un an que Régis devait changer de lieu. Sans domicile fixe depuis sa rupture amoureuse, il avançait péniblement par saut de puce vers un changement radical. Chaque déménagement amenait son lot de questions essentielles : rester ou bien partir de la ville, rester ou bien partir en voyage, si partir, quelle destination, comment survivre? Régis n’avait ni les moyens ni la débrouillardise pour s’envoler au loin, mais il sentait que ce serait la meilleure méthode d’arriver à se retrouver. Il ferait comme la dernière fois; il vendrait tout. Son didgeridoo fétiche, son vélo neuf, son équipement de peintures… peut être même son équipement informatique.

Une des raisons de son départ était d’ailleurs cet attachement inhumain à la machine. Il se trouvait devant un écran depuis plus de dix-sept ans, ce qui lui empêchait de vivre sa vision et partager pleinement avec sa communauté. Évidemment, il adorait se retrouver entourer de l’onde électronique. Il en était vorace; il connaissait toutes les nouveautés et tous les gadgets derniers cris. Le premier réflexe matinal était d’ouvrir l’écran et d’ errer sur la toile avant de se lancer dans une journée de création info graphique. Mais aujourd’hui, Régis se sentait pris au piège. Son corps et son esprit s’étaient ratatinés devant son Dieu binaire. Son coeur aussi s’était enfermé entre lui et l’écran, un peu à l’écart car inutile. Régis accroc avait tout de même réussi à saisir que la joie de vivre n’y était pas, là, devant la son outil fétiche. La vie se trouvait ailleurs. Partons.

Un couple séparé dont les limites flous le troublait aidait aussi Régis à pencher vers la solution de la poudre d’escampette. La fréquentation transformatrice déjà loin, il continuait de se trouver en présence de sa demi aimante et une étrange tristesse revenait le hanter presque à chaque fois. Il avait tenter par divers moyens et tactiques de se soustraire à l’influence du passé mais l’amour rejaillissait et lui, encore une fois, se recroquevillait. Il diminuait de taille et de maturité devant une situation où il devait quémander un morceau d’amour mort. En réalité, le sentiment de ne pas pouvoir rendre cet amour vivant le décourageait. Pourquoi, se questionnait-il trop souvent entre deux montées de larmes invisibles. Pourquoi tout le monde l’aimait-elle si facilement mais pas moi ? ajoutait-il à son questionnement. Parfois, ils se réunissaient dans une joie et une franchise toute nouvelle et il sentait amour et désir se pointer le bout du nez. Il connaissait l’illusion et les conséquences de celle-ci. Il plongeait tout de même la tête la première dans cette ouverture et déprimait lorsqu’il devait en sortir. Par chance, Régis réussissait plus rapidement à se détacher qu’auparavant.

De toute façon, il devait minimalement déménager. La fin de sa sous-location arrivait vite. Il se sentait pris au dépourvu, sans énergie ni idée précise du futur. Loin. Loin de sa machine et de son intimité brisé. Il en était certain. Peur. Peur de se retrouver sans aucune identité sans son travail, ses amis, sa ville. Il s’en irait et disperserait son univers comme les cendres d’un cadavre que l’on offre aux quatre vents. Il n’aurait plus qu’à se reconstruire. Une nouvelle vérité dans un nouveau contexte. Changer de mode de pensée. Il marcherait dans une nature vivante pour retrouver le calme intérieur.

Régis n’avait pas les moyens ni la destination mais croyait que son plan pouvait marcher. Une autre mort à vivre. Une résurrection à ramener. Entre deux chaises toujours Régis se devait de choisir.

Classé dans : Non classé | | 10 février 2008 Commentaires (2)

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