Un matin tout à fait banal, 15 degrés sous la pluie pour une mi-juillet. Je m'interroge sur la fin de semaine qui suivra. Quoi faire et où. La semaine dernière, j'ai manqué une rencontre familiale, je me reprends aujourd'hui... en stop vers Québec City. La décision prise, j'appelle la tribu où le ton de l'homme au téléphone dénote une déprime certaine.
- J'te passe ta mère, me fait-il.
- Moman, qu'est-ce qu'il a Claude? Il "feel" pas ?
- C'est que je viens d'apprendre que j'ai le cancer du sein.
- Ah bon ! (ici je lâche mon écran et l'information arrive au cerveau) Quoi, le cancer, pour vrai ?
S'ensuis une courte discussion explicative.
Il faut savoir que la tribu est déficitaire d'un membre important, le père, décédé en 1986 d'une maladie incurable, le-dit cancer. Les vieilles angoissent pétillent dans le ventre et noue la gorge. Froidement je sais que rien n'est grave, pas encore du moins. Le cancer est dépisté dans une forme naissante. Un seul ganglion à enlever. Un traitement de chimio et du repos. Dans mon état de conscience je crois au vertu de la santé naturelle (alimentation vivante, grand air, paix de l'esprit) et moins à la marde chimique que le corps devra digérer pour tuer la mutation.
Comme la mort a déjà frappé sous avec le même masque je me questionne sur le pourquoi ? J'ai toujours pensé que le père est mort d'un manque d'ouverture, étouffé par le secret. La mère donc, qu'à-t-elle? À qui donne-t-elle son énergie vitale... Est-elle au a contrario la libération de coeur de toute une famille par sa guérison prochaine ? Le grand plan est parfois compliqué à saisir dans sa parfaite vérité.
Une chose est maintenant certaine, dans le cercle familial, si on regarde l'historique, nous sommes enclin à attraper le mal du siècle. Je suis donc bien heureux des efforts mis de l'avant pour soutenir ma santé. Et aussi, je ferai attention aux mots, je tenterai de dire ma mère "est atteinte de "plutôt que souffre du cancer. Ce sera déjà une énergie de transmutation. *
À tous ceux qui vivent au quotidien avec la maladie, je m'incline devant votre courage.
NAMASTÉ (•
* Des doutes ? Sachez que cela ne lui appartient pas, pas plus que les émotions, ni rien d'ailleurs. Je suis heureux.. je suis envahit par la joie.. Je suis triste... la tristesse m'habite. Corps étranger qui ne fera qu'un et s'installera pour vrai que si l'on confond l'objet et le Soi.









