Un jour de soleil comme seul le printemps peut en offrir. Chaleur, rayonnement, sourire des gens. Pourtant, un jour d'errance pour l'homme à la plume de faucon. La tête comme un container de réfugiés vietnamiens coincés sur un bateau de pêche venant déborder sur une rive étrangère. Un mal de bloc comparaison qui s'échappe avec perversité dans l'âme et la grise de bleu tempête. Dans le coin à la rencontre de l'inconscience et de l'émotif se forme une idée rengaine qui se répète depuis le matin: que fais-je de ma vie? Suis-je encore chunky?
Marc, 27 ans, possède une troupe de danse après avoir tenu une clinique de santé sur plus de cinq ans. Sam, 27 ans, construit sa ferme biologique et s'occupe déjà de plus de cent poules, dix moutons, un cheval et trois hectares de terrain. William, 29 ans, transforme un coin de paradis avec sa femme et ses deux enfants dans l'incarnation de l'amour et de la guérison. Mo et Clo, 22 ans, se distinguent par leur approche artistique et créent sans cesse de multiples oeuvres à saveur autant personnelle qu'universelle. Méli, 27 ans, en périple autour du monde après son 700km qui la mènera à Compostelle. Et moi, dans la solitude de mon foyer, avec un cerne autour de l'auréole, je constate que je tourne à vide dans une roue de fortune ne pouvant même pas me servir de roue de secours. Je suis là comme un végétal à subir l'action, la bouche grande ouverte qui se prolonge parfaitement dans la courbe de l'échine du vaincu.
Statu quo.
J'ai tellement déconstruit et rebâtit que je me contente de vivre dans la le semblant d'équilibre établie par une routine simple en dehors de toutes affections. Où se cache l'expressif, le passionné, le curieux ? Vers quelle sphère se tourne l'énergie vitale de création ? Ai-je encore de la chair autour de l'os ? Du croquant savoureux prêt à exploser en bouche ? Pour certains, avoir un chemin de créateur est simple. Pour d'autres, qui possèdent le génotype de Kali (déesse Indienne de la destruction) bridé avec celui Neptune, roi des mers, nid des émotions, la forme et le temps requis pour l'émergence de l'oeuvre paraît infini. Trouver une forme, l'aider à se construire, la laisser s'effondre dans marée montante, puis recommencer.
Stop. Je n'en peux plus de tirer les ficelles des deux bouts à la fois. Porter une brique à un édifice dont les fondations flottantes peuvent couler à tout moment m'épuise. Le chemin n'est pas celui que j'ai, comme un forcené, dévié pour amener jusqu'à emprisonner la force brute du courant. Dévier une rivière entraîne nécessairement des impacts majeurs, des manques pour l'écosystème environnant.
Is that all right... Is the wrong time ... It's a small crime and I got no excuse. La peur de la perte. L'inclassable identité. La dualité. Don't shoot. Le vert émeraude, la pluie, le chemin des incendies. Tire à la courte paille et va. Je pleurerai ma perte comme on épluche un oignon, avec un sourire entendu.
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Épilogue : l'homme à la plume retrouva le fil de son existence en laçant les bottines qui l'attendait depuis toujours à la porte de son salon.
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