Tu te réveilles un samedi matin au son du radio-réveil. Tu as un mal de coeur, le tournis et  le dos en compote. Comme tu n'as pas pris de coup la veille, tu t'interroges sur la cause du malaise. Le hamburger sauce spaghetti du resto du coin ou le trop plein d'endorphine qui n’endort pas vraiment la douleur?

En titubant de la chambre à la douche, tu t'accroches sur le mur pour ne pas tomber. La tête entre les mains bien calé sur le siège de toilette, tu respires à fond et te refuses à gerber par-dessus une odeur si pleine de pisse. Tu retournerais bien te coucher, mais un rendez-vous t'appelle dans moins d'une heure. Alors, par besoin plus que par appétit, tu t'obliges à avaler un fruit et une tisane d'herbes. Tu te trompes entre l'ortie et le persil. Là où tu en es rendu, tu ne te plains plus. Eau persillée chaude et croûte miellée de pain de farine de riz. La digestion souffre et gronde des reflux. Déjà l'heure, tu dois t'habiller en vitesse et courir jusqu'à l'autobus.

Tu t'assieds dans un coin près de la porte pour te rafraîchir  la face. La négresse qui entre porte un parfum cheap, le p'tit vieux mange un sandwich au poulet mayo, l'Italo sent la graisse de frite. Tu te remercies de porter une écharpe de laine qui coupe un peu les effluves. Ton nez sensible porte pourtant l'information olfactive directement à ton estomac qui se retourne de plus belle. Tu pries pour que ça arrête, mais non, une famille de fumeur vient rejoindre le groupe et s'aligne face à toi. À la station Beaubien, après un combat inégal, tu apprécies les courts cent mètres de vent froid te séparant de l'entrée de la station de métro. Tu en profites pour inspirer la fraîcheur ce qui te replace un peu.

Arrivée au cours. Salutation, intégration, transmutation. On te joue dans l'énergie, tu en fais autant sur tes complices. Tournis jusqu'à ton retour à la maison, huit heures plus tard. Tu te dois de préparer et cuire le poulet bio décongelé ce jeudi pour ne pas le perdre. Arômes chéris, prends pitié de moi. Comme tu n'as peur de rien, tu accomplis ton devoir en te régalant d'un sac de "bananes plantain légèrement salé". Ton corps s'offusque de cette offrande grasse et réclame justice.

Tu n'as plus le choix, entre deux paragraphes d'une composition sur ta journée, tu te précipites à la salle de bain et tu torches les toilettes, au cas où.

Morale: Rien de sert de se souffrir , il faut mourir à temps.

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