Ils sont comme ça, rigolos et vivants. D'ailleurs, ils me surnomment HyperLaxe : un super héros tout mou qui passe son temps à se tordre d'un côté et de l'autre. Le coude gauche derrière la tête pour se gratter l'oreille droite, la position de lotus en tout temps, les craquements de la structure osseuse qui se relâche sans tendons pour la soutenir... Après Goldorak et Superman, voici Hyperlaxe l'homme jonc qui se plie, mais qui jamais ne romp.
Jouant à saute-mouton dimanche matin dernier (pas la soupe au thon ni la saute-moutonne avec ma brebis égarée, mais bien saute-mouton au-dessus d'un dos courbé) je me retrouve affalé sous une forme massive après que le mouton, en l'occurrence moi, eut voulu renversé ladite sauteuse en action. Ce mouton converti loup (Hyperlaxe le chasseur) tente de se débarrasser du poids encombrant en ruant fortement.Il prend appui sur sa tête plus que sur ses bras et donne un violent coup de reins vers le haut pour déstabiliser l'adversaire. Le cou prend tout le choc et le craquement des os résonne sur le lac gelé. Qui dit craque dit casse, habituellement, mais l'homme plie plus qu'il ne casse. Hyperlaxe se relève prudemment en se tordant d'une hilarité douloureuse. Il tente de remettre en place les morceaux de son squelette, sans grand succès cette fois. La douleur intense lui perce le dos plus fortement que les -25 degrés qui lui mordent le nez. Un chapelet de sacres assombrit la blancheur du lieu sauvage. Péniblement, il retourne dans la maison qui l'accueille pour le weekend. Premiers soins à dose homéopathique... Glace et vin de table sont à l'honneur aussi.
5 heures plus tard, toujours sous le traumatisme physique, Hyperlaxe, ne pouvant pas user de ses pouvoirs gelés par le choc, s'engouffre dans la machine à torture qu'est l'autobus. De St-Jérome à Montréal, un trajet de 2 h 45 à se faire brasser la cage thoracique. Enfin à la maison, sa douce le couvre d'huiles odorantes et pures servant à atténuer le supplice. Le reste de la semaine est une suite ininterrompue de visites médicales. Acupuncture, ostéopathie, massage, onction. Hyperlaxe est mal sans être totalement malheureux, car la maladie a aussi des avantages indéniables. Le super héros souffrant se voit libéré de toutes les tâches quotidiennes. Basta, les vidanges, la cuisine, le lavage. Mo' s'occupe de tout comme une nurse dévouée. De plus, comme le meilleur analgésique demeure toujours la chimie organique, les orgasmes (et le chocolat) sont alors d'excellents inhibiteurs d'agonie. Et comme la dose a considérablement augmenté depuis la blessure, la souffrance se tolère mieux...
La semaine se termine aujourd'hui, le calvaire perdure. En effet, les vertèbres déplacées coincent un nerf et seuls le temps et la réadaptation posturale en viendront à bout. Je me dis qu'au moins, encore une fois, Hyperlaxe gagnera son combat.
Les saintes écritures
Ils sont comme ça, rigolos et vivants. D'ailleurs, ils me surnomment HyperLaxe : un super héros tout mou qui passe son temps à se tordre d'un côté et de l'autre. Le coude gauche derrière la tête pour se gratter l'oreille droite, la position de lotus en tout temps, les craquements de la structure osseuse qui se relâche sans tendons pour la soutenir... Après Goldorak et Superman, voici Hyperlaxe l'homme jonc qui se plie, mais qui jamais ne romp.
Jouant à saute-mouton dimanche matin dernier (pas la soupe au thon ni la saute-moutonne avec ma brebis égarée, mais bien saute-mouton au-dessus d'un dos courbé) je me retrouve affalé sous une forme massive après que le mouton, en l'occurrence moi, eut voulu renversé ladite sauteuse en action. Ce mouton converti loup (Hyperlaxe le chasseur) tente de se débarrasser du poids encombrant en ruant fortement.Il prend appui sur sa tête plus que sur ses bras et donne un violent coup de reins vers le haut pour déstabiliser l'adversaire. Le cou prend tout le choc et le craquement des os résonne sur le lac gelé. Qui dit craque dit casse, habituellement, mais l'homme plie plus qu'il ne casse. Hyperlaxe se relève prudemment en se tordant d'une hilarité douloureuse. Il tente de remettre en place les morceaux de son squelette, sans grand succès cette fois. La douleur intense lui perce le dos plus fortement que les -25 degrés qui lui mordent le nez. Un chapelet de sacres assombrit la blancheur du lieu sauvage. Péniblement, il retourne dans la maison qui l'accueille pour le weekend. Premiers soins à dose homéopathique... Glace et vin de table sont à l'honneur aussi.
5 heures plus tard, toujours sous le traumatisme physique, Hyperlaxe, ne pouvant pas user de ses pouvoirs gelés par le choc, s'engouffre dans la machine à torture qu'est l'autobus. De St-Jérome à Montréal, un trajet de 2 h 45 à se faire brasser la cage thoracique. Enfin à la maison, sa douce le couvre d'huiles odorantes et pures servant à atténuer le supplice. Le reste de la semaine est une suite ininterrompue de visites médicales. Acupuncture, ostéopathie, massage, onction. Hyperlaxe est mal sans être totalement malheureux, car la maladie a aussi des avantages indéniables. Le super héros souffrant se voit libéré de toutes les tâches quotidiennes. Basta, les vidanges, la cuisine, le lavage. Mo' s'occupe de tout comme une nurse dévouée. De plus, comme le meilleur analgésique demeure toujours la chimie organique, les orgasmes (et le chocolat) sont alors d'excellents inhibiteurs d'agonie. Et comme la dose a considérablement augmenté depuis la blessure, la souffrance se tolère mieux...
La semaine se termine aujourd'hui, le calvaire perdure. En effet, les vertèbres déplacées coincent un nerf et seuls le temps et la réadaptation posturale en viendront à bout. Je me dis qu'au moins, encore une fois, Hyperlaxe gagnera son combat.









