Le coeur dans le blender je me compose un smoothies indigeste. Peur, vanité, contrôle et musique folk pour délayer le tout. On me parle de toi tout le temps. On nous invite. Je n’arrive tout simplement plus, en ce moment de fatigue et de faim, à tenir le cap et croire. Je suis avalé par la baleine et je me pense maudis des dieux d’avoir des envies paradoxes. Tu es mon phare, mon refuge, mon soleil, la partie incomprise de ma personne, le reflet de ma droite que je m’obstine à ne pas sentir. Tu es une idée fixe, cardinale, qui pulse en syncope. J’écoute intensément et cherche à prendre le pas adéquat, mais je me sens inadapté, impuissant, déséquilibré. La limite entre le sens commun et les visions se déchire. L’obstination se replie alors que j’ouvre des bras depuis bien longtemps paralysés.

Hier, ma mémoire m’a projeté l’image d’une de tes étreintes intenses lors de notre passage à Maniwaki. Un jeune homme sur lequel tu t’es littéralement jeté, tu vois lequel? Le souvenir précis et incongru de ce moment entraîna des émotions vives de jalousie et d’abattement. Et sans cesse dans mon regard de voir cette bulle d’amour qui vous enrobait. Les yeux en face des trous, j’ai persévéré dans l’observation du passé. La douleur s’est calmée et j’ai saisi la puissance de ton être. Je suis même en mesure de cerner l’ampleur du geste sur la terre entière, l’onde projetée par ce câlin. À la seconde près la peur d’être trompé a disparu. Enfin.

Le compte à rebours qui s’achève entraîne une panique sur mon être. De l’amour et des restes humains. Recyclage de déchets toxiques puisés à même les pensées grisailles qui somme toute, sévissent moins. L’être nouveau dans un emballage-cadeau si fidèle à l’original qu’on s’y tromperait.
Et si finalement n’étais-je que le crapaud véreux qui cherche à devenir bon prince dans une cour qu’il abhorre ? Ou le Roi Soleil aveuglé par son propre reflet? On ne saura jamais, j’aime à confondre…

Touchée de ces propos, tu m’enlaces d’un amour distance. Tu sais, les mots jetés sont des coquerelles domptées qui servent à me dégourdir. Je télescope l’horreur à travers un verre poli et je reste coi des couleurs qui entourent la scène. N’ai crainte, il y en a. Oui, il y en a.

* et si je pédalais une fois pour toutes… *

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