Parfois, des idées involontaires, contradictoires et insistantes. Elles te poursuivent et se montrent là où tu ne les attends plus. Tu portes sans le comprendre un torrent de pensées obscènes ou obscures; influence d'un autre temps - ou peut-être de celui-ci, tu ne sais plus. Tu n'agirais jamais en accord avec elles, sauf qu'elles te blessent dans leur ihumanité. Tu t'enfermes loin de tout pour être certain de te préserver du mal. Par le fait même, tu écrases tes espoirs. Tu consultes des spécialistes pour enrayer la portée de leurs actions, encore que, dans l'immobilisme, elles frappent tout autant. Tu te sais divin, tu es pourtant porté par le paradoxe: tu respires dans l'axe du mal. Jouir de la violence, tuer l'innocence, écraser la laideur... Et quand arrive une araignée noire, tout doucement la reposer sur le sol du jardin. Va savoir ce qui creuse le fossé. L'interdit? La puissance? La liberté de penser?
Tu ne vois plus la différence entre les pôles de ta schizophrénie. Tu t'élances alors dans une direction nouvelle, un chemin de traverse que tu n'avais jamais vu jusqu'ici. Tu acceptes l'immensité de ton imaginaire décadent détachant ta personne de l'idée et de l'émotion amenée par celle-ci. Et ça va mieux. Fichtrement mieux.









