Temps mort. Une pointe acide dans l'estomac. Je souffle un peu.
Un tournesol pousse dans mon ventre, me traverse le corps entier. Sa tête me titille les idées. Ses
pétales explose de jaune les formes chaotiques portant ombrage aux illuminations temporaires. Ses
racines, quant à elles, forcent l'ouverture d'une roue énergétique appelé le plexus. La sève
s'épaissit parfois dans le transfert entre les deux pôles et j'ai l'impression que les paradoxes
internes ne pourront jamais plus s'accorder et que je sombrerai dans une schizophrénie irrémédiable.
Au moulin du coeur, la tige fait détour. Les feuilles créent l'engorgement de la communication.
L'authenticité se perd dans l'enchevêtrement des graines mortes qui s'écaillent d'elles-même en
retombant dans le filet de la gorge. Les mots tus sont les coquilles vides de graines qui ne verront
jamais le jour; qui ne donneront pas de fleurs-soleil.
Dans mon ventre pousse un tournesol qui voudrait croître encore. Croître et rejoindre le soleil, son père céleste. Croître pour la noblesse de sa couronne. Grandir jusqu'à pouvoir se projeter dans l'oeuvre de Kiefer,fleur géante et humain nain. Pour rejoindre, la tête à l'endroit, l'espace où se perd le doute et où se construit l'union. Union qui n'a de force que dans la parole, dans la déclaration. Ouvres, bouche pâteuse, tire une langue si tu veux, mais ouvre bien grand et laisse un passage au mot sacré. Tu n'attends que ça, depuis longtemps, depuis trop longtemps. Tu t'assèches derrière le camouflage. Tu meurs de ne pouvoir rompre la digue. La physique quantique s'accorde pour dire que chaque possibilité existe simultanément, alors, simplement, porte l'attention sur celle que l'on doit vivre, tête et coeur. Desserre les dents, n'ai pas peur de mordre, petite bête effrayé. Tu es maintenant tellement fatigué de retenir que le feu n'a plus de force destructrice. Plus de force du tout même...
Dans mon ventre pousse une tournesol lumineux. Il transporte des racines aux pétales un flux continue. Il communique des idées/intuitions qui se confondent. Son souhait le plus cher serait de pleurer le trop plein sur des terres fertiles. Sur des terres réceptives, des terrains ensoleillés. Donner un champ d'action pour que poussent l'inestimable à l'extérieur du terreau maintenant aride...
Les yeux clos, la légèreté retrouvé, je te souffle un premier « Je t'aime ».









