Oui, il a fallu prendre des forces avant de mettre le pied dans cette famille de forcenés. Après notre périple dans la ville, nous y rejoignons mon petit frère de 18 ans et sa copine fumeuse au coin du cinéma Charest. Le frère au style punk/grunge/übersexuel me saute dans les bras et m'embrasse. Le coup d'envoi des festivités était lancé. Les présentations entre Pitounskie et la famille immédiate est simple, Mo' voici untel, untel et untel; untel, untel, untel voici Mo'.

Oui, il a fallu prendre des forces avant de mettre le pied dans cette famille de forcenés. Après notre périple dans la ville, nous y rejoignons mon petit frère de 18 ans et sa copine fumeuse au coin du cinéma Charest. Le frère au style punk/grunge/übersexuel me saute dans les bras et m'embrasse. Le coup d'envoi des festivités était lancé. Les présentations entre Pitounskie et la famille immédiate est simple, Mo' voici untel, untel et untel; untel, untel, untel voici Mo'. Pour une fois, le "père" ne pose pas sa série de questions sur ma compagne et sur l'occupation de son père. Nous aurons tout de même droit à celle sur l'attrait des parents de Pitounskie pour les Beatles. Passons. Comme nous sommes un couple jeune et en forme, à 22 heures nous sautons dans le lit parfumé de lavande que ma mère nous avait préalablement installé au milieu du sous-sol, tel l'autel sacrificiel ou la scène d'un éventuel tournage pornographique. Appréciant le geste, nous changeons l'organisation du lieu en tentant de se créer un semblant d'intimité dans la pièce ouverte au murs fraîchement "re-boisé". L'esthétisme du lieu est pitorresque et nous en discutons un peu avant de sombrer dans le sommeil. Sommeil retardé chez la douce par la présence de pollution olfactive (draps trop propres) et sonore incroyable : échangeur d'air, horloge grand-père sonnant au 15 minutes, amplification des murmures parentaux par le plancher, le tout soutenu par divers cliquetis et bruits blancs informatiques. La nuit dans ce sous-sol est infinie: la seule fenêtre donne sous la galerie. Homme de jour, j'ai alors pu m'étendre jusqu'à ce que mon jeune neuveu, le fils adoptif par intérim de ma mère, ouvre la boîte à images à l'étage supérieure vers les 11 heures le lendemain.

-T'as bien dormi?

-Ouais, super! Et s'ensuit le résumé des rêves

Ma Pitouneskie n'est pas étrange à mes yeux, mais pour le commun des mortels, certaines de ses habitudes peuvent paraître hors normes. Son petit déjeuner se compose principalement de salade et de graines germées tandis que mon monde se gave de sucre et diabolise le type granola. Qu'importe, la liberté d'opinion est une valeur familiale fondamentale surtout que personne ne se gêne pour te pointer tes différences. M'rick, le neuveu, a un mot pour ça : "Cassé!". Il se croyait roi du "cassé" avant de trouver sur sa route un scorpion tueur de "casse". Il trouve également Pitounskie étrange. M'ayant arraché à mon jeu de carte, il m'invite à jouer au ballon dehors ou nous allons accompagné de ma douce. Voyant que le jeu ne l'inspire pas, elle se sauve en courant au bas de la rue toute libre et contente de profiter du plein air. M'rick reste pantois. Je le rassure.

J'ai d'ailleurs du rassurer ma soeur de l'indépendance et de l'intégration facile de Pitounskie avec la famille élargie lors de l'arrivée de ceux-ci pour le brunch de Pâques. K, ma soeur me trouve "pas de classe" de laisser ma copine s'arranger toute seule. Que pouvais-je y faire ? Étant un être solitaire, quand la foule arrive, je m'esquive et prends les commandes aux fourneaux et termine les derniers préparatifs que ma mère parfaite n'avait pu compléter avant l'arrivée des convives. Je fait un hôte formidable lorsqu'il s'agit de m'extraire du lieu commun. Incroyable, dévoué, attentif. Je suis dans un rôle et les gens m'agressent moins. Imaginez les tantes et oncles dont les discussions principales tournent autour des REER, de la retraite, des acquis matériaux. Rien de trop sincère. Je m'y ennuie. Pourtant, la suite fut des plus agréables. Un petit cousin dont j'ignorais jusqu'à l'existence se met en tête de présenter une pièce musicale. Il engage ma soeur au clavier, mon frère à la guitare, sa blonde au tam-tam et il transforme les invités en spectateurs. Ceux-ci se réjouissent. La musique réunit tout le monde.

- Hey mon Lou, tu connais une chanson? me demande K.

- Non pas vraiment, mais pars moi un beat, je m'occupe de t'en improviser une!

Alors là, je saute sur le micro et lance une ode à ma famille. Une ode humoristique, cynique, noire. Je nous traite de pas normal. Je passe un à un tous les membres de la famille en appuyant sur les défauts et les gaffes. J'omets ici les détails, mais j'ai un peu choqué l'auditoire... surtout en fin de parcours en me déclarant dieu. J'aime trop être derrière un micro, je déverse une diarrhé verbale et le regard des autres galvanise ma passion. Tasse-toi mononcle. 20 minutes de mots de trop à un rythme effréné, je jubile, je sens même le désir sexuel se réveiller. Rien de mieux pour la journée de la résurrection, non?

Le reste de la journée se passe entre les cartes, les au-revoirs, les "lifts" que je donne et les mouchoirs que je remplis de secrétions nasales d'un interminable grippe. Rien de trop important s'ensuit si ce n'est une autre nuit passionnante au royaume de la famille pas normale.

PS. Ce billet sur Pâques n'avait pour but que de vous présenter Pitounskie. Je devais vous introduire ce personnage coloré et important d'une manière ou d'une autre...

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