28/04/1986 - mort du paternel - 20 ans aujourd’hui
Un matin comme tous les autres, 20 ans plus tard. Un matin comme tous les autres aussi, celui où la mort foudroya. Un matin ensoleillé, un matin gai, un matin d’espoir qui s’obscurcit de lui-même. Une plaque de métal, une armure d’écailles, un pansement étouffant s’installèrent en couche successive dans le corps physique qui rejeta l’émotion, trop vive pour la contrôler. Un plaque comme un panneau de contrôle, un interrupteur explosant sous la tension, renvoyant le trop plein dans chaque articulation avec son flux d’acide destructeur. Un pansement absorbant l’humidité des larmes, interdisant la guérison et stimulant la multiplication microbiennes. Complication chirurgicale; anémie post-mortem. Manque d’énergie au niveau du coeur, rétention, rejets fréquents. La plaie purulente comme celle d’il y a vingt ans. Se régénère d’elle-même. Se satisfait dans l’auto-destruction. Ma douleur est un charognard qui tâche de m’achever à grands coups de dents voraces.
Arrière, pensées obscures. Arrière, oiseau de proie. La tristesse s’essouffle. Lumière sur sur le pansement qui n’adhère plus. Glisse, glisse, habit de deuil. Écrase-toi au sol et dénude le corps-soleil. La blancheur et la maigreur de sa céleste incarnation cache une force insoupçonnable. Horus, dieu Faucon, accompagne le premier envol. Mes restes calcinés tomberont à chaque battements d’ailes. Les muscles atrophiés souffriront un peu au début, comme dans toutes nouvelles expériences. Mais l’ouverture et l’expansion demeure la meilleure solution pour enrayer la paralysie.
Explosion du centre vers l’extérieur. Étiolement printanier. Fin du cycle de la peur. La vie a un sens. L’amour se donne. La colère se vit. Paix soudaine. Une douceur m’englobe. Des êtres aux contours flous m’auront permis de relier les pôles insoumis entre mon désir et ma réalité. Des êtres aux attentions particulières m’auront permis de surmonter l’obstacle et de reprendre foi.
Les soleils, parfois, s’égarent derrière une éclipse pour ne jamais revenir. J’ai failli m’y perdre aussi.
Revenir à la charge dans un monde complètement gaga. Être celui qui toujours est présent mais qui en a réellement ras le pompon de ce qui s’y passe. Rejeter en bloc l’environnement matériel et partiellement le social. Endurer les crises hystériques de l’homme-proprio et de la femme hystrionique aux griffes acérées. Vivre avec sa douce à temps presque plein. Se le faire reprocher par un homme financier qui se trouve floué. Un peu pour son intimité, beaucoup pour son porte-monnaie. Trouver le temps long comme un hiver qui n’en finit plus. Sentir le printemps avec un nez bouché et des oeillères étroites. Vouloir tout démolir. À coup de poings, de masses. Croire que la libération viendra des éclats de verres cassés, des fracas entendus.
Assez de vos armoires trop pleines d’inutilités, de vos comptoirs toujours sales et embourbés, de vos préoccupations bancales. Assez de vos histoires jalouses, de vos inepties sentimentales, de vos comportements calqués sur une mode dépassée. Assez de vos faux-semblants, de vos faux-fuyants, de vos fausses routes. Au pilori, les faussaires défoncés! À la guillotine! Si vous ne pouvez utiliser que votre tête forte, elle se sentira beaucoup mieux séparé du corps, non? Je vous promets de l’accrocher aux murs que vous aimez tant. Peut-être que, pour m’amuser, je la maquillerai en clown ou en salope de coin de rue, juste parce que vous ne pourrez vous défendre et que vous deviendrez enfin un peu plus vrai.
M’enfin … je suis un peu injuste de les traiter de la sorte mais l’exagération me ramène au centre, à un niveau de stabilité émotive. Malgré tout, beaucoup de cette histoire est réelle et je ne peux m’enfuir. Je me sens comprimé à bloc, retenu par mes propres choix ineptes. L’onde est grise au dessus de ma tête dans ce lieu. Je n’arrive plus a sentir l’améthyste violacé rayonner dans mon coeur, il a trop bu de ce mauvais vin qu’il peine à purifier.
À l’action, mousaillon. Construis ton radeau et quitte le navire avant de toucher le fond.
Incroyable, impensable, frustrant. Ce petit être malicieux, malgré nos demandes, se retrouvent encore dans notre cours à enlever des mauvaises herbes. Il se croit chez lui. Il fouine, regarde, évalue. J’aimerais lui crier des bêtises pour ensuite le faire voler par-dessus la clôture d’un coup de pompe au cul. Malheureusement, il est âgé et malade. Tout rabougri et potelé. Je le sens tellement faux qu’il me rend en colère. Surtout que lors d’une de ses dernières visites, il allongea la main et tâta le sein de ma colocataire, le petit pervers. Je dois tout de même rester prudent puisqu’il la tient par les couilles avec son chantage, elle qui espère demeurer sur les lieux. Je ne dois pas envenimer la situation. Pour ce faire, je la crie ici. Ne vous méprenez pas, je me suis exprimé. Je suis sorti dehors dès son arrivée pour lui demander d’appeler et d’attendre le rappel avant de se présenter, qu’il y avait des règles à respecter. Il rétorque qu’il fait ça pour le voisin du haut transportant en tout temps une bonbonne d’oxygène. Au cas où il s’accrocherait les pieds dans une mauvaises herbes et s’étalerait de tout son long sur le carrelage menant à la ruelle arrière. Bien sûr… Les voisins du haut sont deux ermites et ne sortent jamais, jamais, jamais.
Ah le vilain! Ah le rat d’égoût! Je vous jure, je le mordrai, quoique l’idée de mes dents sur ses chairs gâtées ne m’enchante guère. Un chien, j’emprunterai le Rottweiller de mon frère et je lui demanderai de grogner contre l’étranger possessif. Merveilleuse idée. Je ne veux plus le voir, je ne peux plus le sentir et il me reste pourtant trois mois ici à surprendre sa présence interdite et à réagir vertement aux rencontres fortuites, parce que non, il ne s’annonce pas, il rôde comme le voleur. Parfois à sept heures du matin, parfois le soir. Et puis, depuis qu’il sait que je quitte, il ne communique plus avec moi, il sait que j’ai du caractère et des convictions et qu’il ne peux rien contre moi puisque ne pèse aucune menace d’expulsion pour une être démissionnaire. Alors il fait du chantage à Chantal, il aimerait tellement avoir un couple sérieux, Italien et propre dans sa cabane aux tuiles affreuses.
Dis-moi ce que tu penses réellement et peut-être je pourrai ne pas t’envoyer promener, petit proprio malsain. Le pire dans tout ça, c’est le manque d’amour flagrant que je vis face à lui et la rage qui le remplace. C’est moi qui me pollue, mais bon, soyons vrai, soyons bouillant, soyons exprimé… même dans la colère
Vivre ma vie en équilibre sur la corde raide à glisser le long de la mince ligne, souffle chaud, continu, comme l’air de mon didgeridoo. Ne jamais laisser paraître l’inspiration, ni prendre le temps de souligner les arrêts, à répétition psalmodier les cent onze notes en ligne d’un même mantra et me surprendre à tromper le temps, encore, le temps alloué en avant-scène de ma vie, n’avoir jamais cassé le rythme puisque que cela se peut encore, un peu plus, toujours plus longtemps.
M’époumoner en apnée, personne pour écouter le dithyrambe monosyllabique qui résoud tout, personne pour partager le sacre de la langue qui s’éteint d’elle-même dans un dernier soupir.
Oui, il a fallu prendre des forces avant de mettre le pied dans cette famille de forcenés. Après notre périple dans la ville, nous y rejoignons mon petit frère de 18 ans et sa copine fumeuse au coin du cinéma Charest. Le frère au style punk/grunge/übersexuel me saute dans les bras et m’embrasse. Le coup d’envoi des festivités était lancé. Les présentations entre Pitounskie et la famille immédiate est simple, Mo’ voici untel, untel et untel; untel, untel, untel voici Mo’.
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J’étais dans ma ville natale ce weekend pour célébrer la tradition de Pâques en famille. Je n’y étais pas seul, ma Pitounskie m’y accompagnait. Arrivée de France depuis peu, elle n’avait pas encore foulé la première ville du continent nord américain, cette cité à flanc de cap qu’est Québec. Nous sommes donc arrivés au coeur de la ville assez tôt vendredi, sous un chaud soleil couchant.
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La complainte d’un mec malade … Bonne lecture.
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Apparitions
La nature se transforme, elle mue, elle change de forme. Pour ce faire, elle a besoin de véhicules pour chaque partie de son âme. Je m’occupe du règne animal. Mon corps transporte avec lui dans l’ère nouvelle les créatures prêtes à se joindre à la grande fête promise par le Créateur. Je suis une arche nouveau genre dont les passagers me choisissent pour la traversée. J’aimerais pouvoir communiquer plus clairement avec leur essence primordiale pour comprendre ce qu’ils attendent de moi, mais il ne sert à rien de vouloir faire quoi que ce soit; tous ces animaux se présentent à moi et y demeurent. Ils ressortent ensuite dans mes tableaux. Dans les moments de silence, ils m’habillent aussi le corps avec prestance, chacun roi et reine de mon intérieur. Ils dansent, enchantés de pouvoir compter sur un vaisseau sûr pour la traversée.
La liberté du cheval, la noblesse du chameau, la force de l’ours, la fluidité du lézard, la vision du faucon, la précision de la chouette, la joie de la loutre, la folie du lapin, la longévité de la tortue, le stoïcisme de l’éléphant et la communication des dauphins m’offrent tour à tour ou tous ensembles des indices quant à la façon de vivre. La plus petite cellule de mon corps de chair vibre alors sur une note nouvelle. Je dois apprivoiser le changement et respecter ses requêtes de mouvement, sinon ma tête se brouille et le loup solitaire refait surface, voulant échapper à l’ensemble des humains dont la seule présence est synonyme d’enfermement.
À travers le temps, l’humanité a élevé des animaux anthropomorphiques au rang de divinité. Je comprends parfaitement ce besoin depuis que je partage l’esprit animal.
Le silence d’avril
une période houleuse
découvertes multiples
joies, doutes, joutes
La mort du Christ
une résurrection soudaine
les dieux sont faits
la course résolue
Un air de fête
d’une mouvance animée
le printemps essouffle
les lys téméraires
Derrière l’écran la vie s’endort