Je reçois une plume blanche de chouette. Le chaman discute de
l’inauthenticité d’un cœur présent dans la salle. Mon reflet, l’adulte célébrant, se croit coupable.
Non pas, la petite femme ronde se lève et quitte avec dans sa démarche sournoise, preuve de son
malaise. Je la suis du regard tout en caressant ma plume légère. J’aime sa finesse et les deux perles
dorées accrochées à sa queue avec une fine lanière de cuir blond. Quand j’aurai des cheveux longs, je
l’ornerai fièrement.
Je reçois une plume blanche de chouette. Le chaman
discute de l’inauthenticité d’un cœur présent dans la salle. Mon reflet, l’adulte célébrant, se croit
coupable. Non pas, la petite femme ronde se lève et quitte avec dans sa démarche sournoise, preuve de
son malaise. Je la suis du regard tout en caressant ma plume légère. J’aime sa finesse et les deux
perles dorées accrochées à sa queue avec une fine lanière de cuir blond. Quand j’aurai des cheveux
longs, je l’ornerai fièrement.
Je n’ai que 15 ans, mais j’ai un voile rose devant le
regard et un carrelage fatigué à la porte de mon être. Grâce au support de Ricardo, j’ai pu nettoyer
et rouvrir un passage qui mène à ma demeure intérieure (c’est comme ça qu’il dit!). Il est comme un
père pour moi et plusieurs autres; il nous guide pas à pas vers la sagesse du dedans. Ses
enseignements sont riches. Il nous parle le langage de la nature avec force. Moi, parfois, quand je le
regarde, je vois toutes sortes d’animaux prendre place dans son corps. J’aime bien les félins et les
oiseaux et je suis surpris d’y voir l’éléphant, le pingouin ou le phoque. Cela reste mon secret.
La magie se trouve partout, nous traduit-il de son dialecte doux. La vie enchante,
parfois comme un sortilège. Il n’y a jamais de piège, ajoute-t-il, seulement une perception différente
ou une illusion. Ses mots sont comme des braises crépitantes, ils fascinent même si je ne les
comprends pas tous. Je peux rester des heures en silence dans l’atmosphère pure qu’il crée. Maman
aimerait bien savoir son truc, je suis habituellement vraiment vivant.
Depuis que je
connais Ricardo, je regarde autour de moi bien différemment. Pas juste que je vois des animaux chez
les gens même si j’aime beaucoup ça. Je regarde les arbres, les fleurs, les fourmis, les rochers. Tout
ce qui a été créé par le grand-père-mère éternel. Personnellement, je regarde aussi les créations des
humains même s’ils sont moins riches. J’apprécie l’effort de création. Dernièrement, Ricardo nous a
indiqué que nous pouvions voir l’invisible, voir l’âme du monde. Alors, mon regard s’est penché avec
plus d’acuité sur ce qui m’entoure. Il nous a dit de regarder sans chercher à voir l’objet, à le
laisser entrer dans l’œil de notre cœur. Pas facile. Il a même ajouté que l’objet cherche aussi à nous
voir, pour que la vie se reconnaisse.
J’ai alors pensé que peut-être il voyait les
animaux aussi. Je le lui ai demandé et il a ri en me confirmant qu’ils sont parties intégrantes de
chaque âme, mais que je pourrai tout aussi bien voir des plantes, des personnages d’une autre époque
ou des soleils. Que l’âme présente la facette que l’on peut percevoir. Il a répété que la vie enchante
comme l’illusionniste, de ne pas se laisser berner même si je ma vision se raffine. Il m’a ensuite
demandé de me concentrer sur mon cœur et de fermer les yeux. Il a allumé un bâton d’herbes et me l’a
fait inspiré. Tourne ton regard vers l’intérieur répète-il. Je reste immobile et je l’écoute.
J’entends une mer rugir dans le creux de mes oreilles, je semble m’enfoncer dans la mer. J’ai un peu
peur, mais je reste concentré à observer. Tout disparaît et le silence revient. Il fait presque noir;
une lumière scintille au loin. Je fixe mon attention sur ce point et il grandit. Il y en a de plus en
plus. C’est la Voie lactée! Il y en a tout plein. Plein d’étoiles et de galaxie. Tout se fond ensuite,
il ne reste que la lumière. Un vaste plan lumineux qui s’étend à l’infini. Incroyable. Quand j’ouvre
les yeux, Ricardo m’envoie un clin d’œil en répétant : illusion !
La chouette est
symbole d’obscurité et de libération. J’aimerais pouvoir vous l’offrir quand je serai à mon tour le
nagual.
Les saintes écritures
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