Le cliquetis digital remplace depuis longtemps la danse du
poignet. Le vide d’idée est essentiel avant de commencer. La première phrase posée donne le ton. La
rythmique interne intime l’ordre. Parfois, la musique externe est plus forte et module gravement le
ton de l’écrit. La voix humaine tue l’inspiration en plein vol, alors je maudis la présence
inconsciente et me camoufle avant qu’une autre salve verbale ne m’ai complètement arraché à
l’essentiel.
Me voilà empêtré, je dois replonger, retrouver la fluidité. Difficile. Je
m’arrête donc un instant et pour reprendre la cadence, je retourne au départ et repasse sur les signes
laissés à la recherche de son essence. Émotion, histoire, description ? Peu importe, me voilà relancé
sans direction avouée. À chaque instant naît une possibilité qui amène la suivante. Le jugement est
disparu, les choix sont absents, une force inconsciente pulse. La construction se batît à l’écoute de
cette pulsation.
Le rituel est pour celui dont l’action est sacré, qui donne un sens aigu à sa
création. Pour celui qui ne craint ni le bon, ni le mauvais, qui est en exploration d’une grace, la
légèreté le remplace.