alt="It Comes In Peace" style="border:2px #cccccc solid;"/>
As the mystery
unfold
the sacred eye
embrace the golden boy
style="font-size:9px; color:#666666;" align="center">Louis-Philippe Day, pastel sec, été
2005
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As the mystery
unfold
the sacred eye
embrace the golden boy
style="font-size:9px; color:#666666;" align="center">Louis-Philippe Day, pastel sec, été
2005
Si vous connaissez une opportunité d’emploi sympa
pour un lent méditatif créatif, veuillez m’en faire part SVP. Cela devient urgent de réintégrer le
systême commun de la matérialité avec ses grands plus en ce qui concerne la survie de base. Advienne
que pourra, je suis prêt retenter le coup.
Je demeure dans la belle région de
Montréal et me déplace en Métro / Bus. J’ai des domaines d’expériences très variés, soit
scène
Parce que je ne peux passer plus de 2-3 heures assis, je troque
mon super travail autonome de graphisme pour quoi que ce soit qui me permettra de bouger et de
rencontrer des gens. Mes domaines d’intérêts sont les mots, la musique, l’art mais je m’adapte
comme un caméléon. En plus, je ne peux jamais travailler les mercredis, c’est le jour de Mercure,
celui le plus près du Soleil qui s’exprime en créativité
hreflang="fr">Sfumato
Merci !
src="/blog/images/solus.jpg" alt="Solus" align="left" style="padding:15px;"/>Je passe sur
20six.fr cet après midi, il migre vers un autre système, mettant en péril ma vie toute naissante de
“bloggeur” confirmé. Qu’ cela ne tienne, j’avais prévu le coup depuis quelque temps. Ils me
permettent juste d’agir plus vite; d’agir tout simplement si je veux être franc.
Donc, vous voici chez moi. Sur
hreflang="fr">EnfantDuSoleil.net
Attendez-vous juste un changement
d’ordre graphique qui collera plus ma personnalité retrouvé de chamane
mystique.
Tu as cogné à ma porte. Je te reconnais, je t’ai vu le siècle
dernier sous les traits d’un chasseur de papillons. C’était à Nice. Tu ne dois pas t’en souvenir,
j’étais moi même un grand chêne au feuillage bruissant; tu t’es assoupie à mes pieds avant de
disparaître. J’ai une mémoire infaillible des âmes, tu sais. Voilà qu’encore ta route te porte à
moi.
Moi aussi, j’ai changé de forme, on m’a abattu et je me suis lentement décomposé en
fragments de plus en plus fins. Je me suis inflitré dans le sol. J’ai parcouru des milles et des
milles sous la forme de nuages, d’océans et d’eau de pluie. Une femme infertile m’a ensuite bu et
je lui ai donné mon âme, pour son fils à venir. C’était il y a trente ans, dans une campagne
québécoise. J’ai maintenant le corps d’un homme avec une âme de chêne. De l’extérieur, ça ne paraît
pas trop, à moins de voir avec des yeux différents combien les elfes m’adorent. Je leur ressemble un
peu, c’est normal, à force de les cotoyer. Parfois, ils me manquent; lorsque mon coeur s’abreuve
d’une réalité opaque ils attendent alors que je retrouve mes racines ancestrales avant de
réapparaître. Tu dois toi aussi les avoir vu, ils y étaient hier soir quand tu es entré chez moi. Ils
y sont toujours, entre l’améthyste et le ficus. Ce sont eux qui t’ont soufflé à l’oreille la
direction à prendre, parce que moi, parfois, je reste muet devant les torrents qui débordent sur mon
soleil. Et quel torrent tu es. Pas un roulis tranquille de mer douce, mais des vagues à renverser de
lourd paquebots, toutes dirigées dans une direction précise, avec discernement, comme ta main qui a
su, au moment opportun, l’importance du coeur. Elle s’y est arrêtée longuement, sourde aux
battements, pour certifier de ta présence totale. Les elfes, rassurés, se sont ensuite fait discrets.
Je les ai vu danser l’ivresse de l’unité avant de disparaître. Peut-être t’ont-ils offert une
couronne de fenouil tressé avant leur départ… Je l’espère.
Et le chêne et la vague de se
marier. De se rouler dans un souffle unique et pénétrant. De se soustraire à la vision déformée du
monde. D’être. Totalement. Et de suivre la rythmique des tambours intérieurs. De mourir une fois,
deux fois, trois fois. De revivre à chaque fois, en adéquation additive, un peu comme une oeuvre en
construction perpétuelle qui ne verra son aboutissement qu’à la fin des temps. Et pour l’arbre enfin
de reconnaître là une terre fertile. Un mélange équilibré d’éléments nutritifs.
Que serais-je
ensuite ? Enracinement ou feu de joie ?
N’y croyez surtout pas, c’est inexplicable; un mystère bien en chair. Moi qui le vis je ne sais comment réagir puisque je n’y comprends rien. Pourtant, les preuves sont évidentes, claires, parfumées même.
Tout a commencé un samedi de début du mois lors d’une méditation sur l’abondance. Nous étions vingt-cinq réunis dans ce petit local à s’être déplacé pour ouvrir en nous la porte d’une dimension nouvelle - la sixième à ce qu’il paraît - là où l’amour est collant, dense et doré, un peu comme le miel dans l’ourson. À partir de la sixième dimension, directement relié à la co-création, l’abondance est facile à cueillir parce qu’elle sort de l’espace mentale et prend sa source dans la source même. Voilà qui peut laisser songeur pour le médisant, mais pour le méditant, la leçon fut acquise qu’il y a autant d’énergie pour moi dans cette vie que d’air à respirer, je n’en manquerai jamais. J’ai conclu personnellement que l’abondance la plus pressante à aller chercher était d’ordre financier et amoureux.
Je n’ai jamais rien possédé, rien voulu, mais voilà que se mettent à tomber les fruits, bien juteux et bien mûrs. Un peu de billets verts en liquide sonnant que je classe, en ne comprenant pas leur origine, avec bonheur dans la poche arrière de mon jeans défraîchi. Ce qui ne change en rien encore ma position sociale ni mon aura. Là ou l’incompréhensible frappe encore plus fort, c’est dans mon rapport à la femme. Depuis ce même jour, elles me désirent et me draguent. Incroyable. Tout simplement impensable. Je crois rêver. Je dois me pincer.
Ainsi donc, la semaine dernière, je fus arrêté sur la route du supermarché par une femme-loisir qui vendait des livres à la carte au milieu du centre commercial. Je ne pouvais l’éviter, elle tendait littéralement sa main vers moi qui se précipite derechef dans la mienne.
- Bonjour main, j’appartiens à Émilie, je veux te vendre un abonnement inutile.
- Ah, aucunement, je n’ai pas besoin. N’argumentes plus .
- En fait, j’me fous de te vendre quoi que ce soit, je veux passer du temps avec toi !
- Euh, (confus).
Et hier encore, à la danse, comme un fou balai qui tournoie, je fus attaqué de toutes parts, mordu de regards, observé avidement, touché par des corps chauds, amené au plancher… et attendu à la sortie. Son arôme phéromonale se transposait dans ses intentions. Sur le coin de la rue, s’embrasser à bouche que veux-tu ; en manquer le dernier métro. La reconduire et se faire éconduire.
Tout de même, je n’y comprends rien. Trois dragues officielles en une semaine par de jolies demoiselles. Le problème avec l’abondance, c’est qu’il faut faire des choix… en fait, le faut-il vraiment ?
Tu es venu m’attendre à la fin de mon travail. Tu viens souvent m’y rencontrer depuis ces deux dernières semaines. Tu demeures à deux pas du bar laitier et je crois que je te plais. Non, je ne crois pas, tu me charmeis ouvertement. Jeux de mots sur les glaces servies et invitation très implicite à te rencontrer hors de ce contexte. Donc ce soir, je sais que je ne retournerai pas chez moi,ou du moins, je l’espére avidement. La lune étant déjà sorti après mon quart de travail, nous nous dirigeons chez toi, parlant de tout et de rien durant le court trajet.
Tu vis dans un appartement luxueux au pied du Cap-Diamant, dans ce quartier un peu retiré du Petit Champlain, juste devant le fleuve, j’aime bien. J’admire la sobriété de ta décoration intérieure. En fait, je ne connais de toi que ton nom et le jeu de ta séduction. La découverte de ton environnement familier me donne des indices sur ta personnalité; j’apprécie ce que je vois. Tu m’offres un verre et fais jouer Song Of Distant Earth de Mike Oldfield. J’adore ce disque qui tourne en boucle dans mon lecteur portatif depuis le début de l’été. Avant que je n’ai pu me rendre compte de quoi que ce soit, confortablement installé au creux du divan, tu disparais. J’entends au loin le bruit caractéristique d’une baignoire s’emplissant. Au bout de quelques chansons tu n’es pas encore revenu. Tout puceau que je suis, je m’approche timidement de la porte de la salle de bain que je vois entrouverte. Assez entrouverte pour dire qu’elle est une invitation formelle à en franchir le seuil. Ce que je fais. Je te vois alors flottant dans un bain moussant. Joueuse, tu me regardes. Tu ris de mon embarras et te cale un peu plus, laissant juste ta tête brune souriante sortir de l’eau. Confus, je m’approche du bain tourbillon, m’assois sur le rebord, et valide la température de l’eau en cherchant à voir tes formes sous la mousse abondante. Je ne sais ce qui m’enchante le plus dans cette atmosphère, l’eau, la musique ou le désir ? Dans mon ventre, des papillons prennent leur envol. Ta nudité n’est pas pour me rendre à l’aise, la mienne à venir non plus. Ma tête tourne. Trop d’éléments sont réunis, je plonge.
Un après l’autre, avec une retenue pudique, mes vêtements rejoignent les tiens sur le sol. J’hésite un dernier instant avant de retirer mon caleçon. De ta cachette, tu m’invites à te rejoindre. Je balance une jambe par dessus bord. Comme toujours, le contact avec l’eau m’électrise. Je m’y enfonce complètement, tête et corps. À la nage, je rejoins vite le tien. Mes mains sous l’eau rencontre d’abord ton ventre. Ils descendent naturellement vers ta toison que j’embrasse au passage. Je n’aurais jamais cru que j’oserai si vite. Notre baignade est des plus agréables. Tu me savonnes le corp, tu me caresses la tête, tu t’occupes de chaque partie avec soin et attention. Je me laisse bichonner. Dans cet espace aqueux, l’univers est flou, je saisis difficilement ton corps recouvert d’une mer de mousse. J’appréhende quelque peu le moment où je te verrai complètement des pieds à la tête. Cette vision, je l’obtiens aussitôt que l’on sort du bain. Elle m’enchante mais je ne peux m’empêcher de jauger ton corps. Je t’épluche de mon premier regard d’homme à venir, appréciant tes courbes, ta grandeur et tes mystères dévoilés.
Rapidement, tu m’entraînes à ta suite dans ta chambre. Ton lit est bas. Les murs bleus. Il fait un peu froid. L’ambiance feutré des chandelles réchauffe le lieu. Tu m’invites à m’étendre sur ton lit. Tu es l’initiée et moi l’apprenti, je t’écoute à la lettre. Toujours en douceur, tu étires mon plaisir en me massant le corps d’une huile parfumée. Nous n’échangeons aucun mot, tes manœuvres souples parlent d’elles-même. J’ai l’impression de n’avoir jamais rencontré mon corps avant ce soir. À fleurs de peau, tu donnes naissance à ce torrent de vie qui coule dans mes veines. Le rythme que tu insuffle à notre rencontre me va à merveille. Lenteur et patience. Lenteur aussi les mouvements de ton massage qui s’arrête maintenant sur un bout de terre vierge. En transe, absorbé par des sensations nouvelles, je sens tu troques tes mains pour tes lèvres. Elles m’aspirent, m’embrassent et m’engloutissent localement. Tes dents mordillent. Tes cheveux me chatouillent le bas-ventre. La tête révulsé, la bouche entrouverte, je déguste l’expérience. Mes nerfs tendus frémissent au moindre mouvement d’air. Je suis au paroxysme de la tension lorsque je vois ta bouche gourmande s’emplir du plaisir carnivore de ma jouissance. Je vois des étoiles zébrés le ciel derrière mes paupières, je me disperse en entier hors du temps. Tu rejoins mes bras qui, sans plus aucune force, t’enserre tendrement. Ce n’est pas pour bien longtemps. Tu as maintenant soif toi aussi et tu me guides en toi. La pression de ton sexe enserrant le mien est étrange, mais je m’y habitue vite. À ce moment, dans ma manière de bouger, je sais que l’inné est plus fort que l’acquis, que l’intelligence corporelle est infaillible. Je suis tellement candide que je ne peux m’en empêcher, moi en toi et toi en moi, je te souffle un « Je t’aime »… Et tu en ris.
Si tu savais, tu rirais encore;
je m’emmêle toujours les pattes quand il s’agit de sexe ou d’amour.
Un cheval de bois. Des patins de bascule rouge. Un mouvement de balancier régulier. Au niveau des pattes, dans les étriers, des bottes de pluie rutilantes d’une odeur caoutchouteuse. Sur le dos de l’animal, un grand homme au regard lointain. Une plaine se déploie devant lui, et lui, carabine à la main, foule un territoire inexploré. Son long manteau vole dans la poussière. De sa main libre, il repousse vers l’arrière ses longs cheveux défaits par le vent et poursuis sa précieuse course. Après quelque temps, une ombre se dégage dans la chaleur. Droit devant lui, debout et immobile comme le cactus, il discerne les contours d’un autre voyageur. Il ralentit l’allure, arme son fusil, pointe sur l’étranger et s’arrête à distance de tir. Toujours à cheval, il devient aussi immobile que le roc. Le temps se pétrifie. Chaque image entrant dans son oeil, chaque son sifflé par le désert, chaque vibration du sol est amplifié. Solide et arrogant, il tient en joue ce personnage qu’il distingue à peine dans ce fort contre-jour.
- Ne bougez pas ! lance-t-il.
Ses yeux se plisse, ses tempes cogne. Son cheval frémit et s’ébroue. Il en descend. La forme devant lui n’as pas encore bougé. Il s’approche encore. Tout doucement, prenant vie, la forme humaine se retourne.
- Faites un geste et je vous descend ! annonce-t-il.
Au ralenti, encore, comme englué par le goudron, l’inconnu continue de se retourner. Dans un geste d’ouverture, un bras se déplie. Épaule, coude, poignet, phalanges, une extension gracieuse et complète.
- Je vous aurai prévenu…
Un serpent sonne à ses pieds, paniqué, il recule d’un pas. Ce court instant permet à un nuage de couvrir le rayonnement solaire. Sa vue hallucinée revient lentement à la normale. Il détaille l’être devant lui. De la main au coude, du coude à l’épaule, de l’épaule à la tête. Il découvre deux yeux brillants enchâssés dans un visage angélique. Il recule d’un autre pas, tremblottant, son regard figé dans celui de l’étranger. Celui-ci, d’un geste vif, soulève son chapeau à large rebord. Le cowboy hésitant baisse son arme.
- Qui êtes-vous ? demande-t-il d’une voix chevrottante.
Un faucon cri dans le ciel. Sans même répondre mais fixant les prunelles du héros, l’interrogé défait le lacet de sa large cape noire qui glisse sur le sol, dévoilant un corps de femme entièrement nu. Maladroitement, le regard se détourne. Il scrute le corps. Une peau satiné, des muscles saillants, une poitrine rebondie, des cuisses rondes, un sexe triangulaire.
- Vous… vous… vous…
Sans lui laisser le temps de dire un mot de plus, la femme s’approche et lui scelle les lèvres d’un baiser. Elle prend l’arme des mains de l’homme et la dépose à ses pieds. Engourdi, il ne bouge pas. Le mirage revient vers lui est entreprend de le dévêtir. Agilement. Les longues mains de l’étrangère se glissent sous son manteau, caressant ce torse qui retient son souffle. Elle est chaude comme le soleil du désert et elle brûle d’envie. Il se laisse guider. Son étreinte goûte les étoiles. Assis l’un sur l’autre, ils chevauchent. Harmonie des corps, rencontre, envolée surréaliste. Leurs âmes fondues rencontrent des ancêtres primitifs, des animaux totems, des purs-sangs, des bisons, des fleuves, des champs fleuris. Elles traversent le voile.
Dans ce coït, leurs corps enlacés libèrent le feu. L’union charnelle. Un homme, une femme. Un plein dans un creux. Une complétude. Puis, simplement, un mouvement de balancier pour créer la vie.
À la sortie de la danse :
- T’attends ta blonde ?
- Heu, non pas vraiment.
- La grande là, c’est pas ta blonde ?
- Ben non! Que veux-tu que je fasse avec ça, moi, une blonde ?
- L’intimité, le partage, l’évolution.
- C’est certain que je pourrais l’aimer, la blonde… sauf que je peux pas aimer n’importe qui.
- C’est une défaite ridicule. Les gars s’en servent tout le temps.
- Tu pourrais ouvrir ton coeur à n’importe qui toi ? J’aspire à l’amour inconditionnel, mais je suis pas encore rendu là.
- Étant moi aussi CÉLIBATAIRE (souligné par le ton), je comprends ce que tu veux dire. On rencontre des gens, puis c’est pas tout le temps que ça clique, desfois, ça reste mort là (pointe le coeur).
- C’est ça.
- Faudrait aussi qu’on partage une danse la semaine prochaine
Et elle repart en me lançant un regard profond et prolongé.
À la maison
R. insulté : - Tu mets pas de savon ?
LP patient: - Pas besoin, c’est juste une assiette avec des graines de toasts.
R. outré: - Les bactéries, elles ?
LP exaspéré: - C’est du verre !
R. en crise : - Dans le pharma nous on sait que les bactéries c’est pas bons, ça se développe partout, c’est dégueulasse. Faut mettre du savon.
LP dans sa tête : - Espèce de cro-magnon. Va vivre ailleurs si tu me trouves malpropre. En plus, le savon à vaisselle est dégraissant, pas antibactérien.
R. renchérit : - Pis moi quand je fais la vaisselle du monde, j’en mets du savon, tout le temps, je vous laisse pas manger dans des assiettes sales.
LP conclut : - ( haussement d’épaule )
**
J’hésite. Je doute. Je redoute. Je double et me trouble. Je m’émeus, me meurs et me pleure. Je lance de petits cailloux blancs dans un rêve enfumé. Tu m’étourdis, m’éconduis, m’épie. Tu cherches à percer le brouillard de tes ongles pointus. Tes robes amples cachent autant de secrets que les manches d’un magiciens.
Je marche à pas léger sur le tapis de mes doutes, redoutant la foudre de tes retenues. Je couche sur des papiers journaliers des plis serrés d’avions sans hangar. Je visite et virevolte: haute-voltiges et vrilles étourdissantes. J’entends le bourdonnement des moteurs sans réaction, prêt à décoller au moindre coup de vent.
Sur la pointe des orteils, encore, des êtres cornus veillent à préserver l’atmosphère filamenteuse des mystères sacerdoceaux. Parfois aidant, parfois contraignant ces joueurs invisibles restent toujours neutre en ce qui nous concernent. Je préfère. On n’y voit tellement rien dans ce monde. Ni toi dans ta robe qui glissent sur l’eau, ni les bouches étriquées qui lancent les rumeurs oxydantes. Tout comme la bête, je me fie à tes émanations délicates pour te trouver. Quand je te sens proche, tu te sens traqué et disparais toujours; tu te fonds dans le mur de brume et t’enfonces dans l’inconsistance de la matière.
Je m’escrime et m’essoufle. Je m’engouffre et m’étouffe. La chasse aux chimères est sans fin. Surtout quand elle se prénomme amour.
Je t’appelle encore ce soir. J’ai passé la journée à te sentir au-dessus de mon épaule, incidemment, je ressens le désir de te voir. Tu acceptes ma proposition. J’en suis surpris. D’habitude, tu hésites et évites les rencontres, surtout que depuis le début du mois, les évènements nous ont souvent réunis. Tu as ta douche à prendre, ta vaisselle à terminer. Tu me demandes de patienter un peu, de n’arriver qu’à vingt-et-une heure. Parfait pour moi, je dois également me préparer. Nous connaissons tous deux notre lenteur.
Après un court trajet d’autobus, j’arrive à l’heure prescrite. Tu m’invites à entrer. Je n’ai pas le temps d’enlever mes souliers que déjà nous ressortons à la recherche d’un café ouvert. Nous arrêtons au parc profiter de la patinoire. Avec la musique diffusée, les lumières ornant le gazebo et la neige floconneuse tombant mollement, l’ambiance est toute romance. Depuis le temps, je sais que tu apprécie fortement, toi, ma princesse inaccessible. Nous dansons et tournoyons. Nous glissons et tombons. Nous rions. Étrange soirée.
Dans les bras de l’hiver, circulent une femme-cercueil et son chevalier. Elle intériorise ses pensées, ses mots se font rares et hésitants, il l’accompagne, respecte son silence. Le froid les sépare.
Depuis six mois déjà je te fais la cour. Ardamment, légèrement, romantiquement, distant, mais toujours impuissant. Depuis deux jours, j’ai abandonné. Je me détache lentement, couture usée. Ce soir, je sens la rupture finale, tu me perdras et ce sera bien. Je crois que tu as toujours eu peur d’ouvrir les bras. Je t’ai ébranlé, mais tu n’a pas cédé. Tout en marchant vers le café, je t’observe. Je m’observe t’observer. Je calque mes pas sur les tiens, ma respiration sur la tienne. Je tente de percer le mystère.
Le cercueil s’ouvre, libérant une nuée de papillon blanc. Ils s’envolent vers la lune dans une danse retenue.
Enfin, tu me dis ce qui te préoccupe. Pleine de courage tu me demandes où j’en suis avec ton cas. Tu ressens un malaise à mes côtés, tu as peur que je m’attache, que je requiers cette partie de toi que tu ne saurais offrir. Tu t’accuses d’être distante. Je ne m’en rend pas compte. Je te trouve accueillante. Je te rassure tout de même. L’idéal se déplace. Je ne pourrais de toute manière survivre à un amour absent. Je dépose sur tes joues un baiser d’adieu souriant.
Dans le silence cloîtrée, elle se referme timidement.
J’espère que tu te sentiras plus libre et sauras aller t’éveiller aux douceurs caramélisées d’une passion amoureuse. Pour ma part, je me drape de ton linceuil et, debout, la tête haute, je respire le soleil.