Je suis chez maman depuis le 24 décembre. J’y ai fêté, et maintenant, j’y mange et joue. Je m’occupe de divertir mes neveux Emrick et Matisse avec des jeux vidéos sympas. Claude, le mari de ma mère, menace de me dévisser la tête si je touche à leur ordinateur, je le comprends, chien qui jappe a déjà été mordu par la main du technicien qui a perdu toutes ses données ( ainsi que les 4 autres comptes appartenant à mes frères - oups! ). Qu’importe, je m’incruste encore un peu dans leur vie. Un vrai Tanguy. Juste un peu plus âgé que lui.
Je ne sais pourquoi je me sens encore comme leur enfant, avec les mêmes attentes d’antan, me faire nourrir, lessiver, aimer et tout cela avec un implicite désir d’irresponsabilité de gamin gâté. Cette année, c’est la première fois que je leur amenais un petit cadeau, c’est tout dire. J’essaie de grandir, c’est ce que l’on me demande à l’extérieur. Pourtant, la vie heureuse se trouve dans la reconnaissance du don de l’innocence et du jeu inhérent à l’enfance.
Je leur suis bien gré de m’accepter comme tel. Ils viendront même me reconduire chez moi, 3hrs de voiture. Peter dans son rôle n’a pas besoin de demander, il reçoit. Est-ce moi qui me garde dans ce mode de vie ou est-ce eux qui m’y gardent de par leurs actions. Un jeu qui se joue à deux selon moi.
Encore une fois, je suis sur une corde raide entre les principes en vigueur et ce que je vis. Et puis, cette enfance me poursuit dans d’autre domaines, au travail, dans les relations amoureuses, dans la relation à l’argent, dans la sexualité. C’est pour ça que Peter Panique, son corps vieillit et son esprit se rebiffe, il résiste à vivre en dehors de ses utopies. LA maturité et la sagesse peuvent appartenir également à l’âme vierge, non?
Si c’était possible, je me transporterais, en vol rendu possible par de la poudre de Fée, dans ce pays imaginaire où seules les qualités de coeur auraient préséances et où je pourrais m’unir à la nature verdoyante et à sa faune grouillante. J’y amènerais sans doute quelques semblables et nous bâtirions> …non, j’y amènerais Ma SoulMama seulement et nous constuirions un havre de bonheur et de communicabilité parfaite entre nous et les divers éléments nous entourant. Puis, si quelques étrangers franchissaient le seuil de notre territoire magique, nous fêterions leur arrivée par des chants, des danse et des prières de remerciement, car ils auront su traverser le miroir pour nous trouver.
(…)
Dans ce contexte, peut-être accepterais-je l’inéluctable décompte vers la fin de la vie de l’ensemble mes cellules et la dissolution de mon individualité terrienne. Pour le moment, je fomente une rebellion dont je suis le seul activiste en plus de la principale victime. Afin d’arriver à mes fins, je fais des choix anti-productifs dans plusieurs domaines. Ai-je de la valeur à suivre cet idéal ou suis-je complètement à côté de mes pompes ? Seul l’avenir le dira. En attendant, je tiens la barre dans les remous.
(…)
Then my father built an altar,
He looked once behind his shoulder,
He knew I would not hide.
You who build these altars now
To sacrifice these children,
You must not do it anymore.
A scheme is not a vision
And you never have been tempted
By a demon or a god.
[Story of Isaac - Leonard Cohen]

