L’essence même du plaisir s’entretient avec un certain détachement. Regarder tout autour et n’y voir que des étincelles brûlantes. Sentir sur soi un point de vue fuyant et s’y fier. Avoir peur de perdre. De toute façon, les routes se déterminent à chaque pas, n’est-ce pas? Étoiles filantes et sentier de terre battue. La nature hume frais. L’humeur fais bon bond. Le soleil brille. La peau cuit à petit feu sous l’ardeur de l’amour. Amour partagé entre milles. Toi et moi. Prendre le temps de se parler pour éveiller la faim. Fin du monde solitaire du temps où les espions étaient roi. Maintenant, pied de nez à la discrétion. Crier et jouir du moment. S’en défaire humblement lors de la visite au peuple. Reprendre le flambeau et de gourmandises abuser. Sucreries comme une drogue dure. Éclats doux au creux de la gorge. Attiser la chimie hormonale. Est-ce normal de t’aimer si simplement ? Que la joie radieuse s’offre à moi comme une pucelle timide qui ne souhaite que s’épanouir?
Avec ou sans consentement, prendre et posséder. Posséder un bout de ton ciel lumineux et s’en faire une écharpe. Trop parler de peu de choses. Peu de mots. Peu de besoins. Le plaisir se suffit à lui-même.
L’autre jour, je suis parti, je me suis oublié dans une valise. Longtemps. J’ai rencontré le noir et la solitude. J’ai vu des morceaux de chairs bien en os fondre de sur mon dos. Rien ne m’avais préparé à cette aventure.
Le soleil, quand à lui, luisait dans un coin, les bulles flottait dans un univers jaune et je riais comme un fou. Comme un fou à qui un raconte une histoire grivoise qu’il n’a jamais entendu. Je ne sais trop pourquoi le soleil tenait tant à percer le coeur de l’aventurier, mais il y réussissait parfaitement par l’application constante de son gracieux humour. De la mer s’entendait des mouettes, tout aussi rieuses. Les vagues venaient et partaient comme autant de rencontres essentielles desquelles, à chaque instant il fallait se détacher. Simplement. Le tressaillement pétillant de l’eau chatouillait le corps délicat de la terre qui grondait de plaisir. Tout dans cet univers semblait transporter une humeur joyeuse et contagieuse. Dès lors, ému, je me suis arrêté de rire et j’ai pleuré. La rencontre savoureuse m’adoucissait le corps et l’âme. Profondément. J’ai pleuré à en assombrir d’un nuage dense le paysage bucolique.
Par la suite, aidant, un dieu ventru creva la bulle noire qui éclata tel un feu d’artifice coloré. La magie, ce matin là, avait eu lieu et plus jamais je ne me suis oublié. Que ce soit dans une valise ou dans une forme pensée.
Comme un tortuesque éléphant, je traîne ma maison sur un dos courbé. Un sac de dix kilos avec mon travail, mon passeport, mes amis et une brosse à dents. Sans plus ni moins de toit je me promène et m’amène dans des maisons que je quitte au matin. Je m’explose dans diverses directions sans trop m’imposer et pourtant sans ce toi qui me fuis je suis de plus en plus en partance. Latence d’un départ maintes fois retardés. Si ce n’était que les messages incompris qui m’impatientaient…
Marcher. Avec un sac. Exercice fortifiant. En ville ou en campagne. Dépaysement assuré. Wild world. Being called for travelling. Des images d’un autre univers. Love making and walking. Double exploration. Exposition au passage. Celle des peintures créées entre temps, entre deux pas. Destination ultime : amour!
Quand je reviens sur terre, il reste un parfum de vérité, une force inspirante. Vivre sans raison dans un bagage léger entraîne au détachement. Comme si je pouvais vivre pris en charge par le monde extérieur sans me préoccuper des conséquences. Misère et pauvreté. Richesse et gaité. Tout dépend de quel point de vue. Ma mère croit au miracle; le père à la destitution. Vivre en pause de la société tout en restant mobile. Mobile pour ne pas mourir, de peine de vivre autrement. Vivre pour se mobiliser enfin. Vers un chemin pas du tout tracé. Les pieds dans un soulier argent. Les bas roulés sur les chevilles et le col ouvert sur le cœur. Marche ou rêve. Oh que oui, marche ou crève.
C’est ici que tout a commencé. Pas exactement le même lieu, mais dans le même décor : la chambre de ton cousin. Nous étions un couple officiel, moi chancelant et toi amoureuse. Je m’étais enfui de ma colocation pour aller goûter ton environnement. Malgré les trois semaines de fréquentation, jamais je n’avais eu la chance d’explorer ce lieu. Toute nouvelle immigrante, tu logeais chez ton cousin et sa copine qui t’avait offert le bureau comme lieu de vie. Pas vraiment intime, mais chaleureux. Je fus séduit par tes habiles touches de décoration personnelle dans ce lieu commun. Des objets naturels, des plantes, et des abstractions touchantes.
Dans ce petit temple créé à ton image, tu dormais sur le futon du salon que chaque jour tu te devais de ranger malgré l’effort. Et c’est sur ce même futon que tout a commencé. Ce tapis de mousse duveteuse sur lequel tu m’avais invité à dormir ce soir là. Une nuit simple : câline, mais silencieuse. Au matin, je me sentais bien. Bien comme jamais auparavant depuis que je vivais dans la maison de l’Est. Et c’est vraiment là que tout a commencé.
Tu connaissais mes doutes. Tu avais eu droit quelques jours précédents l’invitation, à une crise d’angoisse démesurée concernant notre relation. J’y étais collé comme à un pot de miel, impossible de la quitter. Et si je voulais partir, c’est qu’un jour tu découvrirais le double fond de ma valise et cela t’effraierait. Tu ne pourrais supporter ma triste vérité et encore moins ma triste mine. Je ne m’aimais pas et n’avais pas envie d’être bouleversé. Mais toi, tu as ouvert les bras et le cœur plus grand encore. Surpris et méfiant, avec larmes et convictions, je t’ai promis de briser toutes les barrières qui m’empêcheraient de te rejoindre. Je savais que le chemin à parcourir serait long, mais j’y croyais fermement. C’est donc quelques jours plus tard qu’au lit, un matin suivant une nuit simple que tout a basculé.
Je me sentais bien et calme. Rassuré et inspiré. C’est pourquoi je t’ai offert de prendre cette chambre avec toi lors de l’exode temporaire des résidents. Tout un été dans le Mile-End, dans un lieu pour nous deux, à se découvrir et se dépasser. Il ne fallut qu’un instant pour que tout soit réglé. Discussions, accords, déménagement. La valise changeait de scène après s’être reposée deux longues années. Elle allait rejoindre la tienne, dans le coin de ce décor partagé. Pour moi comme pour toi, c’était la première tentative de couple sous un même toit. Mes doutes ont perduré, mes peurs augmentées, mes rejets multipliés et mon cœur s’est racorni. Nous sommes pourtant restés liés, contre vents et marées, et avons choisir de continuer.
Il y près de trois ans que tout a commencé, que le flottement s’est installé et que nous nous y sommes habitués. Dans le couple comme dans la séparation, nous sommes restés attachés. Le jour tirant sur la nuit et la nuit fuyant le jour. Tour à tour amour et abandon, retour et hésitation. Un mouvement perpétuel nous enlisant dans l’habitude et l’insignifiant. Enragés de rester prisonniers de la force d’inertie, nous avons tenté diverses sorties. Toutes soldées par des échecs jusqu’à ce que la semaine dernière, ton sentiment s’épuise et se meurt enfin, tandis que moi, de l’autre côté du voile, je ressuscitais lentement à moi-même pour enfin t’offrir ce don précieux… Ton cœur affamé n’a pas perdu de temps à retrouver un appel de vitalité. Il s’est entiché d’une personnalité bien rayonnante, brûlante même. Dans le chaos de ma présence physique perpétuelle, il a su garder sa sérénité et son envie d’être savouré. Je le comprends plus que tout.
Comme c’est ici que tout a commencé, c’est aussi ici que tout se conclura, sur le même lit mais seul. Dans le décor musical de la chambre de ton cousin. Celle que je visite par dépit, pour laisser l’espace à ton être d’explorer et d’exploser d’extase et de nouveauté. La fin n’est évidemment qu’un début pour quelqu’un d’autre, ne serait-ce être seulement que toi. Un départ différent hors du lieu commun. Et si tout, finalement, ne faisait qu’un? Sinon pourquoi aurait-il fallu qu’il soit né le même jour que mon père décédé…
Lp (*
16 juillet 2007
Entre le départ et l’arrivée, une route nous sépare. Un chemin tortueux de mousses et de rigolade. Sans même pouvoire m’affirmer à tue-tête, j’aurais espérer pourvoir les mots sincères, ceux qui frappent à la tête lorsque la paix s’affiche. J’aurais continuer dans le bateau pour une éternité délicieuse ou jusqu’à ce que s’épuise le vent.
Un oiseau passe, roucoulement et balançoire. Une rythmique bien connue nous fait danser, encore et encore. Vers quel côté se diriger depuis que le partenaire se fantômise ? Il reste une parfum de sourire et un mutisme bien solide. Solide comme la pyramide de Gizeh qui refuse de dévoiler ses mystères. Par ici est la porte, mais pour atteindre le coeur , que devrais-je faire ? Te guider en note pointu ou te laisser découvrir ? Mes retenues sont autant de souffrance que mes articulations arthritiques.
Oh bon vouloir, bel espoir brûnatre, je remets entre tes mains un destin cahoteux …
Lp
La brouillard s’étend
La montagne fume
Je respire enfin
Consolé par un avertissement itinérant au sein de la mort, j’estime comique le résultat final de la quête. Conspirer pour admirer le monde à l’envers. Croustiller pétillant comme un chapeau métal, le nez dans le vent. Viens feu vert. Allume le microcosme hétéroclite, descend comme une langue savante remplir la connaissance. Oblitère le ticket d’entrée et assure les arrières de ma perception. Perce-neige, préception, dompteur du doute. J’omnivore le silence comme tant d’autre le dévore, digeste collation dans la ronde obligation.
L’avertissement ne tient plus, ton sourire s’efface, les traces aussi. Le pied bot, je reviens au point de départ,
encore, hurle-vent hirsute au torse bombé sous une brunante brumeuse. Qu’il est grand le mystère de la vie.
***
Quand j’avais encore le courage d’écrire convenablement, je pouvais offrir en technicolor une source vrai d’un senti tout aussi réel. Maintenant, entre la figue et le raisin, je raisonne avec l’inédit pour couvrir la vérité toute nue. L’espace mental se joue des tours et la montagne russe n’en est que plus surprenante. De jour en jour, je répétais chagrins et casse-tête. Tout comme ce manque latent de moi-même que je cherche extérieurement, chez toi. Tout comme ce sentiment d’impuissance aussi. Parfois, un monde magnifique s’ouvre et je le tais par faute de temps.
***
Je respire
La montagne
De brouillard
***
Mon amie m’a dit qu’un nom est plus qu’une chanson à mes oreilles. Éveilles-toi et appelle. Je subis le sort du jaloux. L’amour est une farandole de plusieurs voiles. Repère et répètes, psalmodie le mot. Une fois de plus perdu dans l’habitude je m’immobilise au sol. Soleil en haut, sourcil frondeur, révolte sourde et moi sur le tarmac plutôt qu’ailleurs. Environ mille fois entendus la complainte du monstre oublié et replié en moins que rien retiens l’envol. Contraction.
Aime-moi encore… comme une berceuse. Reprend l’amant dans son mouvement. Aimante-le comme un fer de lance. Coupe son élan vertige. Reprend la berceuse. Aime l’amant. Commente le temps. Vertige l’amour. Alimente le moi qui se meut lentement sans même savoir pourquoi. Le trop plein au bas-ventre trapu s’évertue à recoller les morceaux. Le trop vite à la vigueur déficiente se peine de pleurer comme un enfant déficient. Misère. Offre le mariage pour qu’un ciseau enfin aiguisé trompe la chaîne des éléphants que je traîne. Je n’attends finalement que des félicitations, des revirements et des allègements.
Étends toi. Je te caresserai de ma vivante vérité. Je t’emmenerai danser. Je t’offrirai le fin mot de l’histoire, le final grandiose, l’apothéose. L’amour nomade n’est qu’un mythe.
***
J’ai cru que c’était toi. La faute, le péché, le malaise. Toi dont le cœur souffle la fraîche brise je t’ai mise à la barre de ma perdition; un rat de fond de cale me dévorant les tripes. L’anxiété tenace tente de se réconforter en repêchant ton souvenir qui aussitôt alimente l’acide gastrique.
Tu m’ignores. Nos autres connaissances volent tout ton temps et ton attention. Je me brûle encore de cette colère que jamais je n’ai crié. Un pot de verre éclate sur le mur. Le fracas blesse. Je t’invective. Pourquoi tous ceux là et pas moi? La douleur fuse en mots pointus. Ne te mens pas, ne fais pas semblant. Reste intègre. Le règne n’est pas fini. Remets tout en place, tout comme avant la brûlure. Celle qui t’aveugle.
Terrorisée, tu recules et marches sur les éclats de verres, laissant une trace d’incompréhension plus forte encore dans ton être blessé.
Oh mon amour, j’ai enfin compris. Ces ombres floues ne t’appartiennent pas. Ne t’appartiendront jamais. Oui, vraiment, il y a erreur sur la personne.
Me revoilà au même endroit. Une chaise, un bureau de travail et l’ordinateur. Plus de stylos billes pour prendre une note ni de cadre sur le mur. Tout le reste est parti en quarantaine dans un lieu voisin. Un univers lisse dont le froid vide me travaille les trippes. Ce moment me rappelle notre séparation tant les éléments extérieurs sont semblables, pleurs et déchirements en moins car cette fois, c’est moi que je quitte.
Après une année de déménagements (trois déjà) et d’errance intérieure, le résultat prévisible est arrivé à terme. Lente dissolution et détachement. Départ sans destination. Dans le flou et la folie du moment, la sérénité m’habite et m’habille plus que l’angoisse. La méditation et l’alimentation aide. Parfois, du moins, le doute s’installe. Vivre sans clef ni porte à ouvrir qui donne sur un “chez soi” remplit d’un certain vertige et ce, même en sachant que tout est en place pour assurer ses arrières. Une assurance à court terme, bien entendu. Mince et flexible. Elle m’apprendra probablement à trouver et prendre ma place, à exister au-delà des limitations que je m’impose dans un geste d’ouverture et d’accueil. C’est ce que je prétends…
Évidement, ce ne sera pas la première fois que je me lance dans l’improbable, l’impensable et l’imprévisible. Il me semble devoir aller au bout des routes, les calmes comme les sinueuses tordues, pour comprendre parfaitement le labyrinthe de ma personnalité écartelé. Serait-ce cette fois une renaissance ou un échelon de plus vers le fond ? Seuls les choix que je ferai quotidiennement en accord avec l’écoute sensible et l’intuition ferme permettront de le déterminer. Pour le moment, je contemple ma vie assis sur une bulle d’émotion forte et l’écrire me contente pleinement.
(*
Envie. En perdition. Envol. Frustration intense contre un constat irrémédiable. Mon état interne se décompose. Je largue les amarres et je souhaite m’enfoncer vers les tréfonds brumeux d’une paix continue. Paix de corps comme d’esprit. Briser la frontière de la réalité présente et m’évader vers l’éternel. En un tour de force surprenant, je réintègre une pensée positive. Pour un instant. Ou huit.
Je vis depuis plusieurs lunes comme un “marshmallow”blanc. Le corps au centre d’une révolte et le coeur englué dans un mur épais et collant. Je m’écrase facilement sans plus d’entrain ni motivation… et encore moins de direction. Paix à l’homme de bonne volonté, dit-on. Si seulement volonté il y avait. Peut-être serait-ce la clé, ramener le pilote à bord et l’obliger à choisir. Choisir un objectif, une orientation. La force du feu. Et pourtant, vaines tentatives.
Et il y a toi qui brouille l’atmosphère. Toi que j’aimerais quitter pour ne plus souffrir d’amour inégaux. L’idée vertigineuse que tu pourrais y être à jamais déstabilise tous les acquis et les expériences vécues. Je tente de réajuster la vision dans ma lunette d’approche. Jouer avec le focus pour éclaircir le flou. Puis tu disparais et je voudrais t’envoyer des signaux tangibles pour que tu restes à proximité, dans la lumière, celle que je capte. Dans ces instants de perte de contact, je t’enverrai facilement au diable et je m’y expédierais encore plus vite. Puis, contre toute attente, tu reviens chargé d’amour sensible. Une cordée au moins. Qui réchauffe doucement l’univers qui t’entoure.
Homme giratoire, je migre là où le vent souffle. Il y fait froid. Je veux rentrer!
Between actions and questions
There’s a gap, an empty open space
Will I be able to jump in ?
I clearly wait for life to pull me, to thrill me, to permit me.
I hold on on the thin rope
Balanced on wireless
Stucked in the middle.
You’ve been kill (but when?)
I was away, waiting for the green light
Say yes, go forward, bottom rock.
Action, confession, some loves you
Reduction, contraction, stop motion.
Moon walk me on your land.
Take me away from emptyness
Wash my arms, my eyes, my bones.
Flesh and blood, hurting deep, as a drying forest
Desert territory, wind and fire. Let this grow, grow, grow.
My life’s a journey, a complete and unconventional tragedy.
I play and clown with my broken tears.
I sing with open consciousness
and soon enough, I will dance the pain away.
I’m a wireless puppet. A free creature. Total choice.
There’s not any magic wand to wake anyone up.
Even not the God in me. Defenitly not.
(•
